La citadelle médiévale de Namur vue depuis l'autre rive de la Meuse à l'heure dorée, ses murs de pierre couleur ambre sur un ciel pâle
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Namur

"Je n'ai pas trouvé la version touristique de Namur. Je soupçonne qu'elle n'existe pas."

Namur s’est annoncée depuis la vitre du train : d’abord la Meuse, large et gris-vert, puis la Sambre qui la rejoint par la gauche, et au-dessus du confluent, la citadelle escaladant son rocher par paliers comme un argument en faveur de l’emplacement stratégique. On m’avait dit que Namur était une étape plutôt qu’une destination. Cela s’est révélé faux de la manière précise qu’il vaut la peine de corriger — la ville est calme d’une façon qui est méritée plutôt qu’accidentelle, et elle garde ses plaisirs sans en faire la publicité.

La citadelle

J’ai pris le téléphérique pour monter — il y a aussi un sentier, mais le téléphérique vous dépose au-dessus des arbres dans un autre monde de fortifications gazonnées, de tunnels souterrains et de vues qui expliquent immédiatement pourquoi ce rocher a été disputé pendant des siècles. Romains, Bourguignons, Français, Autrichiens, Hollandais — l’histoire de la citadelle est essentiellement un registre des changements de mains du pouvoir européen. Les fortifications sont assez étendues pour être prises au sérieux et la visite souterraine des tunnels (creusés à la main au fil des siècles) traverse des salles où la température chute de dix degrés et où les murs sont encore noircis par d’anciens incendies. Au sommet, la Meuse et la Sambre dessinent la ville en contrebas d’un seul coup d’œil. Lia a photographié la vue trois fois et a quand même dit qu’il était impossible de la rendre correctement.

La vieille ville à pied

En redescendant, j’ai parcouru le vieux centre plutôt que de reprendre le téléphérique. Les rues du quartier historique de Namur sont plus étroites qu’on ne s’y attendrait pour une capitale régionale, et le caractère architectural de la ville — baroque flamand mêlé de provincial français — se révèle dans de petits détails : grilles de fenêtres en fer, façades de pierre à volets, passages couverts reliant les rues. La place du Marché aux Légumes est le genre de place qui fonctionne comme une place doit fonctionner : terrasses de café, un marché les matins de semaine, des gens assis sans dessein apparent. J’ai pris un café et regardé les pigeons avec un contentement plus facile à ressentir qu’à expliquer.

La lumière du fleuve et les quais

Les berges de la Meuse en contrebas de la citadelle sont l’endroit où Namur expire. Un front d’eau réaménagé s’étire le long du fleuve avec des kayaks à louer, des pistes cyclables et un bar-péniche qui paraissait trop joyeux pour être ignoré. Je n’ai pas fait de kayak, mais j’ai regardé les autres en faire et le fleuve avait l’air vraiment engageant d’une manière que les fleuves n’ont pas toujours. La lumière à Namur — et c’est propre au confluent, à la façon dont les deux rivières créent un ciel plus large que chacune ne le pourrait seule — a une qualité que j’associe aux villes fluviales de France. Douce, diffuse, le genre de lumière d’après-midi qui rend le temps facultatif.

Manger en Wallonie

Le déjeuner à Namur est une affaire sérieuse. J’ai trouvé un petit restaurant près de la cathédrale qui faisait de la cuisine régionale wallonne — boulets à la liégeoise (boulettes dans une sauce aigre-douce de sirop de Liège et de vinaigre), un gratin de chicons local, du pain de ce matin-là. Le sirop de Liège, fait de fruits réduits, apparaît partout dans la cuisine wallonne d’une manière qu’il m’a fallu un repas ou deux à remarquer, puis que je n’ai plus pu cesser de remarquer — ce ressac aigre-doux qui se faufile à travers les sauces et les condiments. Le restaurant était à moitié plein de gens qui semblaient travailler dans le coin et manger là souvent. J’ai pris ça pour une recommandation et mangé aussi lentement que je pouvais le justifier.

Quand y aller : de mai à septembre pour les activités fluviales et le temps des terrasses. Le festival Namur en Mai, fin mai, amène des spectacles en plein air sur les places et dans les parcs. Évitez la citadelle les matins de semaine pluvieux quand les groupes arrivent en bus — allez-y tôt ou en fin d’après-midi pour la meilleure lumière et moins de monde. Namur est une excellente base pour des excursions dans les Ardennes et s’intègre naturellement à une boucle wallonne avec Dinant et Liège.