Le petit port de Port Nelson à Rum Cay avec quelques bateaux de pêche et des bâtiments bas aux tons pastel le long du rivage
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Rum Cay

"Une centaine d'habitants, une seule vraie route, et des marais salants qui ont jadis nourri la moitié de l'économie des Bahamas, aujourd'hui de simples rectangles de terre blanche et sèche."

Une île à peine centenaire en habitants, des marais salants effondrés, et un port qui se souvient encore d'avoir été l'un des plus actifs des Bahamas.

Rum Cay compte moins de cent habitants permanents, et Port Nelson, son unique établissement, est assez petit pour que j’aie rencontré la plupart d’entre eux en deux jours sans vraiment chercher à le faire — un fait qui sonnerait comme une exagération partout ailleurs et qui est ici simplement exact. Ce n’a pas toujours été aussi tranquille : au XIXe siècle, l’industrie du sel de Rum Cay en faisait l’une des îles les plus prospères des Bahamas, ses salines produisant du sel expédié en volumes réels, et les ruines de cette industrie sont encore visibles sous forme de rectangles plats et craquelés de marais salants asséchés juste à l’intérieur des terres depuis le port, bordés de murets de pierre qui canalisaient jadis l’eau de mer vers des bassins d’évaporation. Les ouragans ont remodelé à plusieurs reprises l’économie comme la population ici — une tempête de 1899 a définitivement dévasté les salines, et l’ouragan Joaquin en 2015 a sérieusement endommagé Port Nelson lui-même, dont l’île se reconstruit encore, patiemment.

Des étendues craquelées de marais salants blancs à l'intérieur des terres depuis Port Nelson à Rum Cay, vestiges de l'industrie du sel de l'île au XIXe siècle

Je suis venu autant pour la plongée que pour autre chose, puisque Rum Cay se trouve au bord d’un chenal d’eau profonde et que ses récifs et épaves sont à peine visités comparés à presque partout ailleurs aux Bahamas. Un capitaine de bateau local m’a emmené sur un site d’épave où un navire du XIXe siècle est lentement devenu un récif à part entière, ses membrures et ferrures colonisées par le corail et les éponges, avec une population résidente de mérous qui considèrent clairement l’épave comme leur domicile permanent. L’eau autour de l’île a une clarté ininterrompue qui vient précisément du fait qu’aucun autre bateau ne vient la troubler.

Un récif peu profond au large de Rum Cay avec du corail mou et un banc de petits poissons de récif au-dessus d'un sable pâle

Le soir, l’unique bar de Port Nelson — en réalité le porche de quelqu’un avec une glacière — est l’endroit où se déroule toute la vie sociale de l’île, et j’y ai passé deux soirées à écouter un pêcheur expliquer, avec une vraie patience, la différence entre les poissons de récif que j’avais vus ce jour-là et ceux que je n’avais pas vus, corrigeant mes identifications avec douceur mais fermeté à chaque fois.

Quand y aller : De décembre à mai pour une mer calme et une bonne visibilité de plongée. Rum Cay a un hébergement et des horaires de vol très limités, organisez donc le transport et le logement bien à l’avance.