Le village de pierre d'Encamp dans sa vallée centrale andorrane avec les bâtiments du vieux quartier et la station de téléphérique de Grandvalira visible au-dessus
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Encamp

"Ils ont construit un musée automobile dans un pays avec une seule route. La collection a un sens parfait et absurde."

Encamp occupe le centre de la vallée andorrane d’une façon qui se lit facilement depuis les hauteurs — il se niche dans un élargissement de la vallée principale entre Canillo à l’est et Escaldes à l’ouest, avec la Valira d’Orient se faufilant à travers sa section inférieure et la télécabine de Grandvalira commençant son ascent dans les montagnes depuis une station en bordure du village. Ce n’est pas la paroisse la plus immédiatement belle, sa rue principale bordée de blocs d’appartements fonctionnels et de petits commerces d’un bourg qui sert ses résidents plutôt que de se positionner pour les visiteurs. C’est, en Andorre, une qualité. Les cafés du centre sont pleins de gens qui habitent ici.

Je suis venu à Encamp la première fois à cause du musée de l’automobile, dont j’avais lu une mention en note de bas de page et qui semblait suffisamment excentrique pour mériter un après-midi. Le Museu Nacional de l’Automòbil est logé dans un espace conçu à cet effet près du centre du village et abrite environ cent vingt véhicules allant des années 1890 aux années 70 — motos, voitures, carrioles, bicyclettes — disposés dans une séquence chronologique qui se lit comme une histoire sociale accidentelle de la mobilité européenne. La collection a été constituée à partir d’un don privé et possède le caractère idiosyncratique de choses accumulées par une obsession personnelle plutôt que par une acquisition institutionnelle. Il y a ici des voitures que je n’ai vues nulle part ailleurs : de petits fabricants français des années 20, des véhicules espagnols d’avant-guerre de provenance incertaine, une Hispano-Suiza qui ne serait pas déplacée dans un musée dix fois plus grand. J’y ai passé trois heures et suis parti à regret.

Une rangée d'automobiles et de motos antiques à l'intérieur du Museu Nacional de l'Automòbil à Encamp, éclairées dramatiquement dans un espace d'exposition sombre

La télécabine jusqu’au domaine skiable de Grandvalira part du bord du village en hiver et constitue en soi une raison valable de venir à Encamp. L’approche du ski depuis en dessous de la station — on monte à travers le village, puis à travers les arbres, puis sur les champs de neige ouverts — donne à la montagne une qualité différente de celle qu’on ressent en arrivant en voiture dans le parking d’une station de ski. On gagne un degré d’altitude qui se ressent physiquement et qui est orientant. Le point d’entrée d’Encamp accède au même domaine de Grandvalira que Pas de la Casa et El Tarter mais tend à être significativement moins fréquenté, un fait que la station ne met pas en avant mais que les skieurs locaux utilisent systématiquement.

En été, la même télécabine porte les randonneurs jusqu’au plateau de Grau Roig et au terrain au-dessus d’Encamp. La marche depuis la station supérieure jusqu’aux lacs Pessons — un ensemble de tarns glaciaires dans un cirque au-dessus de 2 300 mètres — prend environ quatre-vingt-dix minutes dans chaque sens et traverse un paysage de granit, de fleurs sauvages et de colonies de marmottes si denses que les animaux ne s’intéressent pratiquement plus à votre présence. Je me suis assis au-dessus d’un des lacs pendant une heure à regarder une marmotte transporter de la végétation dans son terrier avec une efficacité concentrée que j’ai trouvée genuinement admirable.

Les lacs Pessons au-dessus d'Encamp en été — des tarns glaciaires turquoise dans un cirque de granit avec des sommets pyrénéens reflétés dans l'eau tranquille

L’église romane de Sant Miquel d’Engolasters, à courte distance en voiture du centre d’Encamp au-dessus du lac d’Engolasters, est un autre des sites médiévaux peu fréquentés d’Andorre. La tour lombarde isolée se dresse dans une clairière dans la forêt avec une tranquillité qui est presque théâtrale — on arrive à travers les arbres, le bâtiment apparaît soudainement, et la surprise de la chose rend la première impression disproportionnément forte. Le lac en dessous, un réservoir créé au XXe siècle qui s’est depuis longtemps naturalisé dans le paysage, est une randonnée de quarante minutes à travers une forêt de pins.

Quand y aller : De décembre à mars pour skier via la télécabine, avec moins d’affluence que l’approche par Pas de la Casa. De juin à septembre pour la randonnée — la télécabine fonctionne en été et donne un accès efficace aux lacs Pessons. Le musée de l’automobile est ouvert toute l’année et mérite deux à trois heures d’attention délibérée.