Les murs blanchis à la chaux et les toits de tuiles du vieux Lagos vus depuis le front de mer au coucher du soleil, avec l'Atlantique scintillant en arrière-plan
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Lagos

"Lagos, c'est ce qui arrive quand une ville portuaire médiévale décide de ne pas trop s'efforcer — et ça la rend, inexplicablement, irrésistible."

Je suis arrivé à Lagos un mardi après-midi, fenêtres ouvertes, avec l’odeur de l’air marin qui montait de la rivière Bensafrim, et je me souviens avoir pensé que la ville était trop belle pour être vraie — des toits de tuiles empilés au-dessus de murs blanchis, une vieille porte de ville encore debout au bord du front de mer, des barques de pêche amarrées en contrebas. La plupart des villes côtières portugaises ont troqué leurs barques de pêche contre des ferries touristiques, mais Lagos oscille encore entre les deux, et cette tension la maintient honnête.

Rue pavée du vieux Lagos avec des murs blanchis à la chaux et des balcons en fer forgé dans la lumière du matin

Le vieux quartier récompense le genre de marche qui n’a pas de destination. Les rues à l’intérieur des vieux remparts — la Rua Marreiros Neto, les ruelles pentues qui montent vers le château — sont si étroites qu’on est toujours dans l’ombre ou toujours dans le soleil, rien entre les deux. L’Igreja de Santo António trône sur une place où les pigeons se rassemblent et les vieux messieurs lisent leurs journaux, et son intérieur est recouvert du sol au plafond d’un bois doré baroque si excessif qu’il en devient hypnotique. Je suis entré pour cinq minutes et je suis resté quarante. Dehors, le Mercado Municipal longe le front de mer dans un bâtiment reconverti du XIXe siècle, et les vendeurs du matin — les figues empilées dans de petites caisses en bois, les tranches de saucisson séché, les meules de fromage de l’Alentejo — travaillent avec l’efficacité silencieuse de gens qui installent leur étal ainsi depuis avant que le tourisme n’existe. J’ai acheté des figues et du fromage et les ai mangés au bord d’une fontaine en pierre. Un chat m’a regardé sans grand intérêt.

Étals colorés de fruits et légumes frais à l'intérieur du Mercado Municipal de Lagos le matin

Ce que Lagos possède et que la plupart des villes de l’Algarve ont abandonné, c’est une vie de rue réelle appartenant à de vrais habitants. Il y a ici de bons restaurants où le poisson grillé arrive sur des assiettes blanches ordinaires, coûte neuf euros et a un goût bien meilleur qu’il ne devrait. Il y a des bars dans le vieux quartier où l’on peut boire du fino — du vin pression frais — accoudé au comptoir pendant que la foule du soir se forme dehors. Et il y a les falaises : Praia Dona Ana est à quinze minutes à pied de la vieille porte, et la formation de roche ocre et terre cuite autour de la plage est si baroque dans ses arches et ses tourelles que la première fois qu’on la voit, cela ressemble à une illusion. On peut louer un kayak sur la plage et pagayer à travers des grottes marines où la lumière descend en faisceaux par des trous dans le plafond. Je l’ai fait seul à huit heures du matin avant l’arrivée des bateaux touristiques, et le silence dans ces grottes, brisé seulement par l’eau qui claquait contre les parois, était le genre de silence qui fait comprendre pourquoi certains deviennent moines.

Quand y aller : De mai à mi-juin, c’est le moment idéal — assez chaud pour se baigner, assez vide pour trouver une table sans réservation. Septembre est l’autre fenêtre : la foule se disperse vite après août, la lumière devient ambrée dès seize heures, et la mer est à son maximum de chaleur après deux mois de soleil estival.