Crystal-clear water lapping at a white sand beach on Phu Quoc Island
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Phu Quoc

"L'île où le Vietnam vient souffler."

Une île tropicale dans le golfe de Thaïlande où les fabriques de nuoc-mâm côtoient des resorts cinq étoiles et les couchers de soleil se fondent dans la mer.

Phu Quoc, c’est le Vietnam dans sa version la plus détendue. L’île est nichée dans le golfe de Thaïlande, plus proche du Cambodge que du continent vietnamien, et elle a cette nonchalance des endroits qui savent que leur géographie leur a accordé la permission de ralentir. Long Beach, sur la côte ouest, est l’attraction principale — des kilomètres de sable bordés de palmiers et le genre de coucher de soleil qui vous fait remettre en question chaque choix de vie qui vous maintient entre quatre murs.

Les plages

J’ai une théorie sur les plages, développée au fil des années en la testant sur plusieurs continents : les meilleures sont celles qu’il faut un peu mériter. Bai Sao, sur la côte est de Phu Quoc, confirme cette théorie. La route depuis Duong Dong est cahoteuse par endroits, la signalisation presque inexistante, et quand on arrive, la plage est si blanche et l’eau si transparemment turquoise qu’on reste là un moment à se demander si l’office du tourisme a retouché la réalité sous Photoshop. Il ne l’a pas fait. Le sable crisse sous les pieds, l’eau est tiède et d’une clarté absurde, et la poignée de bars de plage sert des noix de coco fraîches et des calmars grillés à une clientèle qui n’a nulle part où aller et qui n’a aucune intention d’aller ailleurs. Long Beach est plus accessible mais non moins belle — j’y ai regardé le soleil se coucher chaque soir pendant quatre jours de suite, et il ne s’est jamais répété.

A picturesque aerial view of Phu Quoc island's tropical coastline with lush forests and clear ocean

Le marché nocturne et la sauce de poisson

Le marché nocturne Dinh Cau à Duong Dong est le meilleur endroit pour manger sur l’île, et l’un des meilleurs marchés en plein air que j’aie rencontrés en Asie du Sud-Est. Le principe est simple : des rangées d’étals proposant des fruits de mer grillés — coquilles Saint-Jacques, crevettes, crabes, oursins, calmars — à des prix qui provoqueraient une émeute dans n’importe quelle ville côtière d’Europe. On désigne ce qu’on veut, on le fait griller devant vous, et on le mange à des tables communes avec de la bière fraîche et une vue sur les bateaux de pêche qui se balancent dans le port. L’île produit aussi certaines des meilleures sauces de poisson du Vietnam, et les fabriques proposent des visites plus intéressantes qu’il n’y paraît. Le nuoc-mâm est l’épine dorsale de la cuisine vietnamienne — la profondeur umami dans chaque bol de pho, chaque sauce trempette, chaque plat braisé — et voir sa fabrication, cuve après énorme cuve d’anchois en fermentation dans un entrepôt de bois qui sent la mer concentrée à son essence, m’a donné pour cet ingrédient un respect que des années à cuisiner avec lui ne m’avaient jamais accordé.

Aerial view of a tranquil fishing village in Phu Quoc at sunset with vibrant skies and calm waters

Le nord sauvage

La moitié nord de l’île reste largement à l’état sauvage, couverte par la jungle du parc national avec ses sentiers, ses cascades et sa canopée qui bloque le soleil si complètement que midi ressemble à l’heure bleue. J’ai loué une moto et passé une journée à sillonner les pistes de terre du parc, m’arrêtant pour nager dans des ruisseaux et randonner jusqu’à des cascades qui se jetaient dans des vasques où personne d’autre ne nageait. Le contraste avec la côte sud bordée de resorts est saisissant et intentionnel — Phu Quoc se développe vite, mais le parc national agit comme un frein, préservant une version de l’île qui survivra, espérons-le, au boom de construction qui grignote ses marges.

Quand y aller : De novembre à mars pour le temps le plus sec et la mer la plus calme. La saison des pluies culmine en septembre et octobre mais gâche rarement un séjour — les averses sont violentes mais brèves.