Le dôme doré du Vermont State House se dressant au-dessus d'érables à sucre dénudés par un matin clair de mars
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Montpelier

"Une capitale où tout est à distance de marche, y compris le gouvernement de l'État lui-même."

J’ai un faible pour les capitales d’État qui ne se sont pas gonflées au-delà de leur taille naturelle. Montpelier compte environ 8 000 habitants, aucun restaurant de chaîne digne de ce nom, et un dôme doré sur le State House que l’on aperçoit depuis la majeure partie de Main Street. C’est la plus petite capitale d’État du pays par sa population, une distinction qu’elle porte sans embarras apparent. S’y promener un après-midi donne l’impression d’arriver dans une ville qui a reçu exactement la bonne dose de tout — assez de librairies, assez de café, assez de politique, assez de collines.

Le State House et son quartier

Le Vermont State House se dresse à l’extrémité est de State Street, plus petit qu’on ne l’imagine et plus élégant pour cela. Le dôme est en authentique granit du Vermont à la base et en peinture dorée au sommet, et il capte la lumière de l’après-midi en octobre d’une manière presque théâtrale. Le bâtiment est ouvert aux visiteurs en semaine et l’on peut parcourir les couloirs de marbre et observer les chambres législatives sans grande cérémonie — pas de mise en scène sécuritaire, pas de billets à horaire, juste un bâtiment qui suppose que vous êtes là par curiosité.

Le quartier qui l’entoure a le caractère particulier d’un district gouvernemental en activité dans une petite ville : des chariots à café, des cabinets d’avocats aménagés dans d’anciennes maisons victoriennes, l’occasionnelle manifestation rassemblant peut-être quarante personnes et une pancarte peinte à la main. J’aime l’honnêteté de cette échelle. La démocratie à cette dimension paraît plus lisible.

Les plaisirs non commerciaux de Main Street

Main Street longe la rivière Winooski et s’ancre autour du genre de commerces qui suggèrent que les gens qui vivent ici prennent au sérieux le fait d’y vivre. La Hunger Mountain Co-op est la coopérative alimentaire locale, et c’est l’une des meilleures épiceries que j’aie croisées où que ce soit — la section vrac à elle seule est profondément satisfaisante, et le bar chaud au déjeuner attire ce qui semble être une coupe transversale de tout le Vermont en même temps. J’y ai mangé debout trois jours d’affilée.

The Coffee Corner est l’endroit où l’on va tôt, avant qu’il ne se remplisse des employés du State House. Ça sent le bon espresso et le vieux linoléum, et ça donne l’impression d’un lieu resté exactement le même depuis 1987, ce qui n’est pas une critique. Kismet Kitchen, à quelques pas, sert le dîner avec une vraie intention — viandes locales, légumes de saison, une carte qui donne le sentiment que quelqu’un y a réfléchi.

Les orbites du granit de Barre

À onze kilomètres au sud sur la Route 302, la ville de Barre (prononcée « Barry », un fait que les locaux utilisent pour repérer les touristes en quelques secondes) est la capitale mondiale du granit, et elle mérite ce titre. La carrière Rock of Ages, à Graniteville tout près, propose des visites qui permettent de plonger le regard dans un trou d’environ 180 mètres de profondeur où la plus grande carrière commerciale de granit au monde est toujours en activité. L’échelle est réellement stupéfiante — la machinerie est gigantesque, la pierre est gris-rose et magnifique, et la profondeur de la fosse provoque un léger vertige que j’ai trouvé clarifiant.

Le Hope Cemetery, à Barre même, est l’un des endroits les plus inopinément émouvants que j’aie visités au Vermont. C’est le cimetière où sont enterrés les tailleurs de granit, et les pierres tombales sont extraordinaires — sculptées par les ouvriers eux-mêmes ou par leurs familles, les monuments comprennent un ballon de football, un lit double avec deux figures endormies, un biplan, une femme allongée dans un fauteuil en train de lire un livre. Le savoir-faire et le détail personnel des sculptures font qu’on a moins l’impression d’un cimetière que d’un musée organisé par le deuil et l’artisanat.

Quand y aller : Montpelier est une ville de toute l’année au sens où elle fonctionne réellement en toute saison. Le State House vaut la visite lorsque le parlement siège (de janvier à mai), pour la chance d’observer la gouvernance vermontoise dans son habitat naturel. Septembre et octobre sont magnifiques pour le feuillage des collines environnantes. L’hiver apporte des chutes de neige que le centre-ville gère sans drame — la Winooski gèle et le dôme doré sur un ciel blanc est du Vermont à l’état classique.