Massive orange sand dunes of the Empty Quarter rising behind Liwa Oasis palm groves
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Oasis de Liwa

"Le bord du Quart Vide est le bord du monde."

Liwa est la terre ancestrale de la famille régnante d’Abu Dhabi et la porte d’entrée du Rub’ al Khali — le Quart Vide, le plus grand désert de sable de la Terre. J’en avais lu la description dans Arabian Sands de Wilfred Thesiger, un livre qui faisait de la traversée de ce désert quelque chose d’analogue à la traversée d’un océan : la même immensité, la même indifférence, la même capacité à tuer sans malveillance. En conduisant vers le sud depuis Abu Dhabi, le paysage se vide progressivement jusqu’à ce que même l’autoroute donne l’impression d’une intrusion.

L’oasis n’est pas une ville unique mais un arc d’établissements qui s’étire sur cinquante kilomètres le long de la frange nord du désert, leurs palmeraies alimentées par des eaux souterraines millénaires. Les dattes d’ici — les khalas, en particulier — comptent parmi les meilleures du monde, leur douceur caramélisée concentrée par le climat extrême. La dune Moreeb, qui dépasse 300 mètres, est l’une des dunes de sable les plus hautes de la planète ; sa face abrupte accueille des compétitions de dune-bashing et des festivals d’escalade en véhicule. Debout à sa base, les yeux levés vers le sommet, on comprend pourquoi le mot arabe désignant le Quart Vide contient le mot « vide ». Il n’y a ici que le sable et le ciel, et l’échelle anéantit toute perception de la profondeur.

Massive orange sand dunes stretching to the horizon under blue sky

En s’enfonçant vers le sud depuis l’oasis, les dunes deviennent progressivement plus hautes et plus orangées jusqu’à ce que le paysage atteigne une abstraction désertique pure — rien que le sable, le ciel, et l’empreinte occasionnelle d’un oryx. Le resort Qasr Al Sarab se dresse seul dans ce vide, son architecture imitant une forteresse du désert. J’y ai passé une nuit et me suis levé avant l’aube pour marcher pieds nus sur les dunes, qui étaient froides — vraiment froides — et parcourues de motifs de vent qui évoquaient la surface d’une mer gelée. Le lever du soleil, lorsqu’il est venu, a transformé le sable du gris à l’or puis à l’orange en une séquence qui a duré peut-être cinq minutes et justifiait à elle seule tout le voyage.

Pour les plus aventureux, une excursion guidée avec bivouac dans le Quart Vide offre un silence si complet que les battements de son propre cœur deviennent audibles, et un ciel nocturne sans aucune pollution lumineuse sur des centaines de kilomètres à la ronde. En une seule heure, j’ai compté plus d’étoiles filantes que lors d’une décennie passée à vivre en ville.

Desert camp under a star-filled sky in the Empty Quarter

Quand y aller : D’octobre à mars pour camper confortablement et pratiquer le dune-bashing dans de bonnes conditions. Avril reste agréable. Le Festival de la Datte de Liwa en juillet célèbre la récolte malgré la chaleur estivale, et y assister est un acte d’engagement que les habitants respectent sincèrement.