Al Ain Oasis palm gardens with traditional falaj water channels
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Al Ain

"Là où le désert a appris à cultiver."

Al Ain, c’est les Émirats d’avant le pétrole — et c’est la version des Émirats qui fait le plus sens. Une véritable ville oasis dont le système d’irrigation falaj entretient des palmeraies depuis plus de 3 000 ans et qui a valu à la ville son inscription au Patrimoine mondial de l’UNESCO. Al Ain ne ressemble pas à une cité émiratie moderne. Elle ressemble plutôt à la preuve que la civilisation dans cette région n’a pas commencé avec la découverte du pétrole. On vit ici, on cultive ici, on commerce ici depuis des millénaires. Les tours de Dubaï ont cinquante ans. Les canaux falaj d’Al Ain en ont trois mille.

L’Oasis d’Al Ain, au cœur de la ville, est un labyrinthe ombragé de 147 000 palmiers traversés par d’anciens canaux d’eau — un monde frais et vert à quelques pas des rues modernes. Je l’ai parcouru tôt le matin, quand la lumière se filtre entre les frondes et que l’eau court dans les rigoles avec un bruit semblable à une conversation à voix basse. J’ai compris, ce matin-là, pourquoi le cheikh Zayed — né ici, élevé ici — a consacré sa vie à planter des arbres. L’oasis n’est ni un parc ni un musée. C’est un système agricole vivant, entretenu par des agriculteurs qui récoltent encore des dattes sur ces palmiers chaque saison.

A lush palm oasis with ancient irrigation channels

Le Jebel Hafeet s’élève à 1 240 mètres au-dessus de la plaine, et sa route sinueuse vers le sommet est l’une des plus belles de la péninsule — douze kilomètres de lacets avec des vues panoramiques sur le désert jusqu’à Oman. Je l’ai faite au coucher du soleil, et le désert en contrebas est passé de l’or au cuivre puis au violet pendant les vingt minutes qu’a duré l’ascension. Les sources thermales au pied de la montagne, Green Mubazzarah, sont un lieu de pique-nique très prisé des familles locales, entouré de pelouses d’un vert improbable — des familles qui font des grillades, des enfants qui nagent dans l’eau minérale tiède, et la montagne qui se découpe au-dessus d’eux comme un décor de théâtre.

Le Musée national d’Al Ain et le proche Parc archéologique de Hili — avec des tombes de l’âge du bronze datant de 3 000 av. J.-C. — révèlent que cet oasis est un carrefour de civilisations bien avant que les Émirats modernes n’existent. Les tombes de Hili sont des structures modestes, circulaires et en pierre, mais quand on se tient à côté d’elles avec les palmeraies au loin et la montagne dans le dos, on ressent le poids d’une occupation humaine continue d’une façon que les villes étincelantes du littoral ne communiquent jamais vraiment.

Rocky mountain road winding up Jebel Hafeet at sunset

Le marché aux chameaux en périphérie de la ville est le dernier marché à bétail de ce type encore en activité aux Émirats. L’odeur est exactement celle à laquelle on s’attend. Et c’est merveilleux.

Quand y aller : D’octobre à avril pour des températures agréables. Novembre à mars est idéal pour monter au Jebel Hafeet au coucher du soleil et se promener dans l’oasis. Le marché aux chameaux est ouvert tous les jours, mais il est le plus animé tôt le matin.