La silhouette du centre-ville de Houston se reflétant dans le Buffalo Bayou à l'heure bleue, joggeurs et cyclistes sur le sentier du bayou en contrebas
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Houston

"Quelqu'un a décrit Houston comme une ville sans plan d'urbanisme, et ça se voit — de la meilleure façon possible."

Houston ne joue pas pour les visiteurs. C’est à la fois sa qualité la plus frustrante et la plus intéressante. La ville est énorme et tentaculaire, dépendante de la voiture d’une manière qui résiste à l’exploration désinvolte, et ne fait presque aucun effort pour s’emballer en une expérience touristique digeste. Ce qu’elle offre à la place, c’est une véritable texture — le genre de ville qui se révèle à ceux qui débarquent sans programme fixe et se mettent à fouiner.

J’y suis venu pour trois jours et j’y suis resté six. Cela arrive plus souvent qu’on ne l’imagine.

La géographie culinaire d’une ville mondiale

Le cliché veut que Houston ait la meilleure cuisine vietnamienne hors du Vietnam. Je ne suis pas qualifié pour trancher précisément là-dessus, mais les écrevisses viet-cajun de plusieurs établissements de Bellaire Boulevard — bouillies dans une sauce au beurre composé avec ail, poivre citronné et graisse d’écrevisse — sont l’une des choses les plus originales que j’aie mangées où que ce soit en Amérique du Nord. La logique culinaire est propre à Houston : les immigrants vietnamiens sont arrivés dans les années 1970 et 80 et ont adapté les traditions cajun de cuisson des écrevisses qu’ils ont trouvées le long de la côte du Golfe. Le résultat appartient entièrement à cette ville.

Le couloir de Harwin gère les épiceries pakistanaises et indiennes, les bouchers halal et les restaurants servant des plats que je n’aurais pas su identifier sans l’aide des gens qui mangeaient à côté de moi. Le Chinatown est en fait deux Chinatowns plus un Koreantown emboîtés les uns dans les autres le long du couloir de Bellaire Boulevard. Manger ici n’exige aucune planification au-delà de pointer du doigt ce qui a l’air bon.

Le Museum District sans plan

Le campus muséal de Houston se regroupe autour de Hermann Park, à Midtown, et abrite l’une des plus belles collections d’art du Sud américain. Le Museum of Fine Arts en est l’ancrage — des bronzes de Frederic Remington à côté de toiles impressionnistes à côté d’une collection africaine qui justifie presque une matinée entière. Mais c’est dans les institutions plus modestes que j’ai passé le plus de temps : la Menil Collection, un musée privé dans un quartier tranquille de bungalows, avec sa célèbre Rothko Chapel et une collection surréaliste rassemblée avec un véritable œil et une vraie singularité.

La Rothko Chapel elle-même est une petite salle octogonale sans lumière naturelle et quatorze grandes toiles de Rothko dans des pourpres et des marrons presque noirs. Les gens viennent s’asseoir. Il n’y a presque rien à y faire sinon être présent, ce qui est apparemment plus que ce que la plupart des gens parviennent à tenir au-delà de dix minutes, mais qui récompense la patience.

Buffalo Bayou et le fil vert de la ville

Le réseau de bayous qui draine le terrain plat de Houston a été partiellement transformé en parc linéaire — le Buffalo Bayou Park court sur plusieurs miles à travers le centre-ville, avec des sentiers, de l’art public et des vues sur la skyline considérablement plus spectaculaires d’en bas, près de l’eau, qu’au niveau de la rue. J’ai loué un vélo et parcouru toute la longueur un matin de semaine, quand le sentier était occupé surtout par des joggeurs et une tortue très imposante traversant délibérément d’une rive à l’autre.

Le détour par le NASA Space Center

Le Johnson Space Center se trouve à environ 25 miles au sud du centre-ville et fonctionne simultanément comme musée et centre de contrôle de mission actif. La visite en tramway passe devant le bâtiment où les contrôleurs de vol ont géré les missions Apollo et surveillent encore la Station spatiale internationale en temps réel. Une capsule Gemini repose dans un hangar à côté d’un module de commande Apollo — tous deux plus petits qu’on n’oserait croire que quiconque ait accepté d’y monter.

Quand y aller : d’octobre à mars, sans hésitation. Les étés de Houston sont un véritable supplice subtropical : 35 degrés avec 90 pour cent d’humidité dès 8 heures du matin. La saison printanière des fleurs sauvages (mars-avril) est belle mais apporte des orages imprévisibles. Le Houston Livestock Show and Rodeo de février-mars est un événement à l’échelle de la ville entière qui vaut la peine d’être planifié une fois.