Vue nocturne du village de Zermatt avec ses chalets illuminés et les sommets alpins enneigés en arrière-plan

Europe

Swiss Alps

"Je m'attendais à des cartes postales. Ce que j'ai trouvé, c'est une altitude qui réordonne les priorités."

Je suis arrivé à Zermatt en novembre, ce qui est la mauvaise saison selon toutes les stations de ski et la bonne saison selon moi. Le village était à moitié silencieux, la machine touristique pas encore tout à fait réveillée, et le Cervin faisait ce que fait le Cervin — exister à une échelle qui refuse de se normaliser, peu importe combien de fois on le regarde. Cette pyramide de roche sombre et de neige blanche est sincèrement surprenante chaque fois qu’elle apparaît au détour d’un virage, ce que je ne peux pas dire de beaucoup de sites célèbres. La plupart déçoivent à l’arrivée. Le Cervin, lui, s’amplifie.

Les Alpes suisses sont un système de transport autant qu’un paysage. Les Suisses ont construit des trains qui montent là où aucun train ne devrait raisonnablement atteindre — le Jungfraujoch à 3 454 mètres, les crémaillères qui s’élèvent vers Grindelwald, Wengen et Mürren, le Glacier Express traversant la région du Gothard en une diagonale lente qui rend la largeur de la Suisse compréhensible. J’ai pris le train de Zermatt à Grindelwald sur deux jours, en changeant à Viège et Interlaken, regardant le Valais céder la place à l’Oberland bernois, et le changement de caractère entre les deux vallées — latine et germanique, vin et fromage — était aussi précis qu’une frontière sur une carte. Dans un pays de quatre régions linguistiques compressées dans un espace plus petit que l’état d’Oaxaca au Mexique, les Alpes sont l’architecture de division. Les montagnes ne sont pas juste du décor ; elles sont la raison pour laquelle la Suisse est la Suisse.

La nourriture dans cette partie du pays appelle l’honnêteté : la fondue est meilleure que le souvenir qu’on en garde d’une version goûtée ailleurs, la raclette au coin du feu dans un refuge de montagne est l’un de ces plaisirs simples que le voyage vous rend, et le rösti dans les vallées germanophones est une cuisine réconfortante qui mérite sa place après une journée en altitude. Un verre de Fendant du Valais — sec, légèrement minéral, le genre de vin qui ne fonctionne que dans son lieu d’origine — avec un morceau de Gruyère affiné acheté dans une fromagerie de village, mangé en contemplant une montagne, est une combinaison qui n’a besoin d’aucune amélioration.

Quand y aller : De décembre à mars pour le ski (réservez l’hébergement des mois à l’avance). De juin à septembre pour la randonnée avec des ciels clairs et des prairies de fleurs sauvages en altitude. Ma préférence va à octobre et novembre — moins de monde, des prix plus bas, les premières neiges sur les hauts sommets, et l’alpenglühen du petit matin qui frappe le Cervin d’un orange qu’on ne trouve dans aucune autre lumière.

Ce que la plupart des guides ratent : Ils traitent les Alpes suisses comme une destination de luxe nécessitant une infrastructure de luxe. Oui, la Suisse est chère — ce n’est pas une surprise. Mais le réseau ferroviaire suisse est le sujet, pas un obstacle. Un abonnement régional de transport, une carte de randonnée et la volonté de déjeuner dans un restaurant de montagne plutôt qu’en salle de restaurant d’hôtel change complètement l’équation. L’erreur, c’est de louer une voiture. Les trains vont partout où ça compte, et la vue depuis le train est meilleure que la vue depuis la route.