Pale yellow Dutch colonial wooden townhouses lining a wide riverside boulevard in Paramaribo, with a blue sky reflected in the Suriname River behind them
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Paramaribo

"La ville la plus étrange que je n'ai jamais vue sur aucune liste."

Je suis arrivé à Paramaribo en m’attendant à une simple étape avant la jungle. Ce que j’ai trouvé, c’est une ville qui ne semblait manifestement pas avoir été informée de son propre anonymat.

L’architecture coloniale néerlandaise en bois qui longe le bord de fleuve — jaunes pâles, blancs patinés, verts profonds — est du genre qui devrait être célèbre, du genre à se retrouver épinglé partout et en couverture de magazines. Au lieu de ça, elle reste là dans la chaleur tropicale, s’écaillant légèrement aux bords, totalement indifférente à sa propre beauté. Le Waterkant, l’ancienne promenade au bord du fleuve, offre une longue vue sur le Suriname River dans toute sa largeur. Au crépuscule, la lumière devient ambre et épaisse, et les chauves-souris se mettent à travailler l’air au-dessus des corniches en bois.

Fort Zeelandia et la vieille ville

Le centre colonial est assez compact pour se parcourir à pied en un après-midi. Fort Zeelandia en marque la limite nord — une fortification néerlandaise basse et sombre qui abrite désormais un musée d’histoire avec un récit étonnamment honnête sur la période coloniale et la traite négrière qui a bâti cette ville. De là, on dérive vers le sud à travers des rues de bâtiments en bois à deux étages, tous légèrement surélevés du sol, tous perdant lentement la bataille contre l’humidité. Le ministère des Finances en occupe un. Un salon de coiffure dans un autre. Le contraste est d’une fluidité parfaite.

Le marché et le mélange

Le Centrale Markt, c’est là où Paramaribo arrête de jouer la comédie et commence à vivre vraiment. Le Suriname est l’un des pays ethniquement les plus complexes de la planète — Marrons, Javanais, Hindoustani, Créoles, Chinois, Néerlandais — et le marché reflète tout cela sans le moindre artifice. J’ai mangé du roti au petit-déjeuner (du vrai roti surinamais, fin et feuilleté, enroulé autour d’une farce mouillée de pomme de terre épicée et d’œuf) à un étal tenu par une famille hindoustanie installée là depuis avant l’indépendance du pays. Quelques pas plus loin, quelqu’un vendait du pain plat de manioc et du poisson fumé qui sentait le fleuve.

La cathédrale et la mosquée d’à côté

Le grand numéro de Paramaribo, c’est sa géographie religieuse. La cathédrale Saints-Pierre-et-Paul — l’une des plus grandes églises en bois de l’hémisphère occidental, une structure gothique élancée et légèrement grinçante — se trouve à quelques minutes à pied de la synagogue Neveh Shalom et de la mosquée Keizerstraat, qui se dressent elles-mêmes presque côte à côte. Je me suis arrêté entre elles un moment, essayant de déterminer si ce niveau de coexistence relevait de la mise en scène ou de la simple habitude. Ça avait l’air d’être une habitude, ce qui est plus rare.

Manger et les soirées

La cuisine surinamaise obéit à sa propre logique, redevable à chacune des traditions culinaires qui sont passées par ce pays. J’ai mangé du pom — un gratin de poulet et de racine de tayer farineuse — dans un restaurant de quartier près de l’Onafhankelijkheidsplein, assis sous un ventilateur de plafond qui redistribuait la chaleur sans tout à fait la vaincre. Le soir, la place se remplit de familles. Les enfants se courent après entre les bancs. Personne ne semble regarder son téléphone.

Paramaribo est une ville qui récompense la lenteur. Offrez-lui deux ou trois jours et elle vous montrera des choses qui semblent véritablement improbables — une densité de culture, d’histoire et de vie quotidienne que la plupart des villes bien plus célébrées pourraient lui envier.

Quand y aller : De février à avril et d’août à novembre, entre les saisons des pluies, les températures sont les plus supportables. Évitez les deux saisons humides (avril–août et novembre–février) si la chaleur accompagnée de pluie vous pèse. Les célébrations de Holi Phagwa en février et les festivités du Maroon Day en octobre valent le coup de planifier si les dates s’y prêtent.