Le Lago di Braies à l'aube, sa surface d'un turquoise impossible reflétant les forêts de pins environnantes et les sommets calcaires, une unique barque en bois amarrée au ponton de l'hôtel
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Lago di Braies

"Toutes les photographies jamais prises de ce lac sont fidèles. C'est bien là le problème."

La logistique d’un lac célèbre

Le Pragser Wildsee — Lago di Braies en italien — est célèbre depuis longtemps et appartient désormais à cette catégorie de destinations où la gestion des visiteurs est devenue presque aussi intéressante que la destination elle-même. La route d’accès est fermée aux voitures particulières de juin à octobre, entre 9 h et 16 h. Vous vous garez au village de Braies et prenez une navette, ou bien vous montez en voiture avant 9 h et restez jusqu’à ce que la route rouvre. J’ai choisi la seconde option : arrivé à 7 h 45 début septembre, j’ai trouvé peut-être une trentaine de personnes déjà là, surtout des photographes avec des trépieds.

À 10 h, quand les premières navettes sont arrivées, le sentier au bord du lac se remplissait vite. À midi, le ponton de bois devant l’hôtel historique avait une file d’attente pour les barques et chaque rocher plat du pourtour accueillait quelqu’un mangeant un pique-nique. J’étais déjà là depuis quatre heures et prêt à partir, ce qui s’est avéré exactement le bon rythme.

Ce que les photographies ne transmettent pas

La couleur est la première chose — ce turquoise-vert si particulier qui existe grâce à l’eau de fonte glaciaire filtrée par le calcaire, à des conditions de lumière précises et à une profondeur qui atteint par endroits 36 mètres. Vous l’avez vu sur des photos. Les photos n’exagèrent pas. Ce qu’elles ne captent pas, c’est la température de l’air qui remonte de l’eau à 8 h, assez froide pour voir sa propre haleine début septembre, et le son, qui n’est rien — juste le craquement occasionnel d’une barque et l’appel lointain de quelque chose dans les pins.

Le paysage environnant est enclos : des parois forestières abruptes s’élevant sur trois côtés, et au fond les sommets calcaires pâles de la Croda del Becco. Le lac se situe à 1 496 mètres. En milieu de matinée, la lumière passe au-dessus de la crête orientale et frappe l’eau sous un angle qui fait virer la couleur du vert vers le bleu d’une manière en fait mesurable, et pas seulement une impression esthétique.

Le tour du lac

Le sentier du pourtour — environ 3,5 kilomètres — prend à peu près une heure à un rythme tranquille. Le fond du lac, loin de l’hôtel et du ponton des barques, est l’endroit où la foule s’éclaircit et où le lac devient quelque chose à côté de quoi on peut vraiment s’asseoir et réfléchir. Un banc en bois fait face au côté de l’hôtel depuis l’autre rive ; il est toujours occupé mais se libère vite.

Le sentier continue au-delà du lac dans le Val di Braies, grimpant vers la crête du Seekofel, et la plupart des visiteurs d’un jour ne le suivent pas. J’ai monté vingt minutes, perdu entièrement la foule, et je n’ai fait demi-tour que parce que j’avais laissé ma veste dans la voiture.

L’hôtel

L’hôtel du Pragser Wildsee se dresse directement au bord de l’eau et s’y trouve depuis 1899. Une chambre dépasse mon budget, mais le café de la terrasse sert café et Apfelstrudel à des prix raisonnables, et en boire un en regardant le lac depuis le niveau du ponton, avec les barques qui s’entrechoquent contre leurs amarres, est un usage de douze euros que je n’ai jamais regretté.

Quand y aller : début juin (avant le début des restrictions routières et le pic de fréquentation) ou fin septembre jusqu’en octobre (quand les forêts de mélèzes au-dessus du lac virent à l’or). Arriver avant 8 h 30 en été n’est pas négociable si vous voulez une version du lieu que vous pouvez réellement ressentir.