Petite Côte
"À Joal, les pêcheurs étaient rentrés avant que les touristes ne soient réveillés."
Au sud de Dakar, la route côtière s’aplanit et le bruit de la ville se dissipe par paliers. Les péages, la circulation, les vendeurs se faufilant entre les voitures aux feux rouges — tout cela se clairsème, puis cesse. Le temps d’atteindre Mbour une heure plus tard, l’Atlantique est visible depuis la route et l’air sent franchement le sel. La Petite Côte court sur une centaine de kilomètres de Mbour, au nord, à Joal-Fadiout, au sud, et elle contient une version du Sénégal à laquelle le nord ne vous prépare pas : culture de plage, infrastructure balnéaire et authentiques villages de pêcheurs pressés les uns contre les autres avec des degrés de grâce variables.
Le marché aux poissons à l’aube
Le marché matinal de Mbour est à lui seul une raison de venir sur la Petite Côte, et une raison d’accepter que vous ne dormirez pas après cinq heures. Les pirogues peintes — bleues, jaunes, rouges, leurs lignes de flottaison noircies par des années de diesel et de mer — rentrent des sorties de pêche nocturnes et s’échouent sur le sable en une longue file chaotique. Ce qui suit est un vacarme organisé : glacières en polyfoam portées sur la tête, femmes en boubous wax menant la criée d’une voix qui couvre tout, hommes triant le poisson par espèce et par taille en tas grossiers sur le sable mouillé. L’odeur est intense et spécifique — sang de poisson, sel, diesel et quelque chose de marin dont je ne connais pas le nom.
Vers sept heures du matin, la transaction est en grande partie terminée. Le poisson part pour Dakar, pour la Gambie, pour les marchés de toute l’Afrique de l’Ouest. Mbour est un nœud de chaîne d’approvisionnement qui se trouve aussi avoir un aspect extraordinaire dans la lumière du petit matin.
Saly : le secteur des stations, jugé honnêtement
Saly est ce qu’elle est : hôtels tout compris, coups de soleil européens, bars de plage, jet-skis. J’y ai passé un après-midi sans m’excuser. La plage est véritablement excellente — large, blanche, avec un ressac maîtrisable. Le personnel sénégalais qui fait tourner chaque activité, de la cuisine aux sports nautiques en passant par le bar, le fait avec une compétence considérable que l’architecture du complexe ne mérite pas. Il y a une forme d’honnêteté chez Saly que j’ai appréciée : elle ne prétend pas être une immersion culturelle sénégalaise. Elle prétend être des vacances à la plage, et elle en livre une avec compétence. Les touristes qui viennent ici pour deux semaines et rentrent chez eux ne sont pas ma tribu, mais j’ai déjeuné convenablement, nagé dans une eau correcte et n’ai éprouvé aucune supériorité à ce sujet.
Joal-Fadiout : l’île aux coquillages
La Petite Côte se termine à Joal, une ville de pêche qui se trouve être le lieu de naissance de Léopold Sédar Senghor. Reliée à elle par une longue passerelle de bambou se trouve Fadiout — une île entièrement bâtie sur une plateforme de coquillages anciens. Les rues sont des coquillages. Les greniers sont surélevés sur pilotis au-dessus des coquillages. Le cimetière, où chrétiens et musulmans sont enterrés côte à côte, est en coquillages. Les habitants soulignent cet arrangement funéraire interreligieux avec une fierté discrète et précise, comme s’ils savaient que c’est inhabituel et qu’ils ont passé longtemps à s’en accommoder.
En traversant le pont de bambou au crépuscule, les coquillages roses sous la lumière basse, l’eau autour de l’île virant à l’or, j’ai éprouvé cette sensation d’être arrivé quelque part qui possède sa propre logique, complète et autosuffisante. Cela n’a pas besoin d’explication.
Quand y aller : de novembre à mars pour les conditions de plage. Le marché aux poissons de Mbour fonctionne tous les jours, mais les prises culminent durant les mois de saison sèche. Joal-Fadiout se visite toute l’année. Évitez août, quand les prix du secteur balnéaire s’envolent et que la foule estivale française débarque. La Petite Côte est le genre d’endroit qui récompense ceux qui la parcourent lentement sur deux ou trois jours plutôt qu’à la journée.