Red sandstone canyon walls near Tabuk with desert scrub in the foreground
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Tabuk

"Le désert du nord-ouest cache les paysages les plus dramatiques d'Arabie Saoudite."

Tabuk n’est pas une destination au sens conventionnel du terme — c’est un point de départ, un camp de base pour certains des paysages les plus spectaculaires de toute la péninsule Arabique. La ville elle-même est fonctionnelle plutôt que belle, avec le château de Tabuk — une forteresse sur la route du chemin de fer du Hedjaz où le Prophète Muhammad aurait campé lors de l’expédition de Tabuk — et un modeste musée régional. Mais c’est le désert environnant qui révèle la raison de venir, et il se révèle de façon spectaculaire.

Le Wadi Al Disah — la Vallée des Palmiers — est le paysage qui m’a fait arrêter la voiture, m’asseoir sur le capot et rester là à contempler. Un canyon profond aux parois de grès rouge s’élevant de plusieurs centaines de mètres de chaque côté, des bassins alimentés par des sources s’accumulant au fond du canyon, et des palmeraies formant des poches d’oasis si inattendues qu’elles ressemblent à des hallucinations. Le rouge du grès contre le vert des palmiers contre le bleu du ciel est une combinaison de couleurs qui devrait paraître criarde et qui semble au contraire sacrée. J’ai marché dans le fond du canyon pendant deux heures, les parois se resserrant et s’écartant, la lumière changeant au fil de la course du soleil, et chaque virage offrait une composition pour laquelle un photographe de paysage donnerait n’importe quoi.

Deep red sandstone canyon with palm oasis at Wadi Al Disah

Les ruines du chemin de fer du Hedjaz s’étendent vers le sud depuis Tabuk, et elles comptent parmi les vestiges les plus évocateurs de l’ambition ottomane au Moyen-Orient. Des gares construites en basalte noir se dressent dans le désert, leurs quais intacts, leurs salles d’attente remplies de sable, les rails à voie étroite encore visibles là où ils n’ont pas été ensevelis. Lawrence d’Arabie — ou plutôt le vrai T. E. Lawrence — a attaqué ces gares pendant la Révolte arabe, et en se promenant parmi elles on ressent le poids d’une histoire qui relie l’ingénierie ottomane, la guerre bédouine et le remodelage politique du Moyen-Orient moderne.

Le site antique de Tayma — l’un des établissements oasiens les plus anciens d’Arabie — conserve des inscriptions rupestres en plusieurs écritures antiques, une massive muraille de pierre qui entourait autrefois la ville, et le célèbre puits Qasr al-Radhm, qui approvisionne en eau depuis des millénaires. Tayma apparaît dans des inscriptions babyloniennes, dans les archives de Nabonide, le dernier roi de Babylone qui vécut ici pendant une décennie en exil volontaire. Debout près du puits, puisant l’eau à la même source qui avait soutenu un roi babylonien, j’ai ressenti ce vertige particulier qui vient de toucher le temps profond dans un geste ordinaire.

Les paysages entre ces sites sont la récompense du voyage : canyons rouges, champs volcaniques noirs, formations de grès sculptées par le vent jusqu’à prendre des formes qui suggèrent que le désert cisèle depuis bien plus longtemps que n’importe quelle civilisation. Louez un 4x4, prenez des provisions, et roulez.

Volcanic desert landscape with ancient ruins near Tabuk

Quand y aller : D’octobre à mars pour des températures agréables à l’exploration. Tabuk est l’une des rares villes saoudiennes à voir tomber de la neige en hiver, ce qui lui confère un charme improbable.