Plage de Surin
"Les casuarinas de Surin projettent le genre d'ombre qui fait de la sieste de l'après-midi un acte de nécessité géographique."
Il y a une rangée de casuarinas le long du fond de la plage de Surin à laquelle je pense avec une fréquence déraisonnable. Elles sont grandes et fines et elles bougent dans la brise marine d’une façon spécifique à cette partie de la côte andamanaise, et par un chaud après-midi leur ombre tombe sur le sable en longues bandes qui donnent à la plage un air organisé — comme si quelqu’un l’avait conçue en pensant au confort. Je suis arrivé à Surin pour la première fois vers quatorze heures, ayant remonté depuis le bruit de Patong en scooter avec la vague intention de trouver quelque chose de plus tranquille, et les arbres m’ont arrêté immédiatement.
Le sable de Surin est plus grossier que celui de Kata et la plage est assez large pour qu’il y ait de l’espace même en haute saison. La baie fait face à l’ouest et le ressac est modéré en saison sèche — assez pour le bodyboard et pour créer un agréable grondement ambiant, mais pas au point que nager demande du courage. L’extrémité nord de la plage est légèrement plus sauvage, là où les arbres poussent plus près de la ligne d’eau et où les bateaux de pêche du village de Surin s’échouent. C’est aussi là que les Moken — les nomades de la mer qui vivent le long de cette côte depuis des générations — maintiennent une petite communauté, et certains soirs on entend de la musique de leur village qui descend jusqu’à la plage avec le vent.

La situation gastronomique à Surin s’est considérablement améliorée au cours de la dernière décennie. Le Taste Bar au fond de la plage sert une cuisine qui est vraiment bonne plutôt que simplement pratique — un bar rayé grillé avec une sauce au tamarin que j’ai commandé deux fois le même jour, ce qui m’a surpris moi-même. Il y a aussi une scène de beach clubs ici, Bimi et le Catch opérant tous les deux pendant la haute saison, mais l’ambiance est plus retenue qu’à Patong : la musique est audible plutôt que structurelle, et les gens arrivent pour le coucher de soleil plutôt que pour être vus en train d’arriver pour le coucher de soleil.

Kamala est à dix minutes de scooter vers le sud et semble être une tout autre proposition — plus locale, moins composée — et le contraste est utile. Surin est la plage où on va quand on veut sentir que Phuket a tout maîtrisé. La combinaison des arbres, du ressac modéré et du sable plat et large fait quelque chose au système nerveux que je ne peux décrire que comme une calibration.
Quand y aller : De novembre à avril pour des eaux claires et un ressac maîtrisable. Surin est meilleure pour la baignade que les plages plus exposées au nord. Les beach clubs fonctionnent de novembre à avril ; en saison des pluies l’extrémité nord près du village est plus calme et meilleure pour la marche.