Limestone karsts rising from emerald lagoon waters in El Nido's Bacuit Archipelago
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El Nido

"Les lagons sont réels. Je continue de vérifier les photos pour m'assurer que je ne les ai pas rêvés."

El Nido est l’endroit qui m’a fait comprendre pourquoi les gens utilisent le mot « paradis » sans ironie. J’avais été sceptique — chaque destination balnéaire d’Asie du Sud-Est prétend être le paradis, et la plupart ne sont en réalité qu’une belle plage avec un bon marketing. Mais El Nido, c’est différent. L’archipel de Bacuit est un ensemble de pitons karstiques calcaires s’élevant d’une eau si claire et si intensément colorée que le mot « turquoise » devient inadéquat. Il faudrait un nouveau mot. Personne ne l’a encore inventé.

Les tours d’island-hopping sont organisées en itinéraires lettrés — A, B, C, D — et le Tour A est l’essentiel. Il vous emmène à travers le Big Lagoon, où l’on fait du kayak entre des parois calcaires dans un bassin d’eau émeraude si calme qu’il reflète la roche au-dessus comme un miroir ; le Small Lagoon, où l’on entre par une brèche dans le karst qui oblige à nager dans l’eau jusqu’à la poitrine pour pénétrer dans un amphithéâtre caché de pierre et de silence ; et le Secret Lagoon, accessible en rampant à travers un trou dans la paroi rocheuse vers un bassin cerné de falaises de tous côtés, comme l’intérieur d’une géode faite d’eau et de calcaire.

Kayaking through crystal-clear water between towering limestone cliffs

L’astuce, c’est le timing. Les tours standard partent à 9h et suivent le même itinéraire dans le même ordre. Louez un bangka privé — ça coûte plus cher mais pas excessivement — et inversez la séquence. Commencez par Secret Lagoon, remontez à l’envers, et vous aurez chaque étape presque pour vous pendant la première heure avant l’arrivée de la flottille. La différence entre découvrir le Big Lagoon avec trois kayaks et le découvrir avec trente, c’est la différence entre un souvenir et une photo.

Le Tour C est l’option snorkeling — Helicopter Island (nommée pour sa forme vue de loin), Matinloc Shrine (une chapelle en ruine sur une falaise avec une plage cachée derrière) et des jardins de corail en pleine mer où les poissons sont si abondants et si habitués aux snorkeleurs qu’ils bougent à peine quand vous passez au-dessus. J’ai passé quarante minutes à flotter au-dessus d’un jardin de corail corne de cerf en regardant un banc de poissons-perroquets parcourir le récif avec l’industrieuse concentration de créatures qui savent exactement ce qu’elles font et trouvent l’observation des humains vaguement ennuyeuse.

Nacpan Beach, à quarante minutes de route de la ville, est la meilleure plage terrestre d’El Nido — quatre kilomètres de sable doré avec une poignée de paillotes vendant des boissons fraîches et du poisson grillé. Venez pour l’après-midi. Restez pour le coucher du soleil. La lumière à Nacpan dans la dernière heure avant la nuit est la plus belle lumière que j’aie vue dans toutes les Philippines, et je ne dis pas cela à la légère.

Tropical beach with palm trees and limestone islands in the distance

La ville d’El Nido elle-même est petite, poussiéreuse et de plus en plus développée — la rue principale est un mélange de boutiques de plongée, de restaurants, de magasins de souvenirs et d’hébergements allant du dortoir routard à l’hôtel-boutique creusé dans la colline. La scène gastronomique s’est considérablement améliorée : Trattoria Altrove fait des pizzas au feu de bois qui seraient bonnes à Naples, et les restaurants philippins le long de la route de la plage servent des fruits de mer frais à des prix qui rappellent pourquoi ce pays reste l’une des destinations au meilleur rapport qualité-prix d’Asie.

Quand y aller : De novembre à mai, avec janvier à mars comme créneau idéal — sec, chaud, et avant la vague de Pâques. De juin à octobre la mousson du sud-ouest arrive : mers agitées, tours annulés et visibilité réduite. Certains opérateurs ferment complètement.