Aerial view of Coron's turquoise bays and limestone islands
← Philippines

Coron

"Nager à l'intérieur d'un navire de guerre japonais soixante-dix ans après son naufrage — l'histoire n'a jamais été aussi physique."

Coron se situe à la pointe nord de la province de Palawan, et elle fonctionne sur une fréquence différente du reste du circuit balnéaire philippin. Ce n’est pas principalement une destination plage — même si les plages existent et sont très bien. C’est une destination plongée, une destination lacustre, un endroit où la combinaison de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale et d’improbabilités géologiques crée des expériences qu’on ne peut tout simplement vivre nulle part ailleurs sur terre.

Les épaves japonaises sont l’événement principal. En septembre 1944, des avions américains basés sur porte-avions ont attaqué une flotte de ravitaillement japonaise abritée dans la baie de Coron, coulant douze navires. Aujourd’hui, ces épaves reposent dans des eaux chaudes et claires à des profondeurs allant de cinq à quarante mètres, et les plonger est l’une des grandes expériences sous-marines au monde. L’Irako — un navire frigorifique — gît sur le flanc à trente-six mètres, ses corridors intérieurs encore navigables pour les plongeurs expérimentés, la salle des machines une cathédrale de machinerie rouillée colonisée par le corail mou. L’Akitsushima — un tender d’hydravion — a une grue qui s’élève du pont vers la surface comme un doigt squelettique pointant vers la lumière.

Diver exploring a coral-encrusted underwater shipwreck

Il n’est pas nécessaire d’être un plongeur confirmé pour toutes. Le Lusong Gunboat repose dans trois mètres d’eau — assez peu profond pour faire du snorkeling — son pont incrusté de corail et grouillant de poissons qui ont transformé un navire de guerre en récif. J’ai fait du snorkeling au-dessus à midi, le soleil exactement au zénith, et l’ombre du navire sur le sable en dessous était si nette qu’elle ressemblait à un plan dessiné par l’océan lui-même.

Le lac Kayangan est l’autre icône — accessible par une montée raide mais courte par-dessus le calcaire, il s’ouvre en contrebas comme un lac d’une clarté si impossible que les rochers au fond, à douze mètres, sont aussi nets que vus à travers une vitre. L’eau est un mélange d’eau douce et d’eau salée, stratifiée de sorte qu’on nage à travers des couches de température différente, et les parois calcaires autour du lac créent un amphithéâtre qui fait écho à chaque éclaboussure. C’est l’endroit le plus photographié des Philippines pour une bonne raison, mais en le visitant à l’aube — avant l’arrivée des bateaux touristiques — on peut l’avoir presque pour soi, et le silence est extraordinaire.

Le Twin Lagoon est un autre point fort — deux plans d’eau séparés par une paroi calcaire, reliés par un passage sous-marin qu’on traverse à la nage (ou, à marée basse, par une ouverture dans la roche qu’on escalade). La température change quand on passe d’un lagon à l’autre — l’un est chaud, l’autre presque brûlant, chauffé par l’activité géothermique en dessous — et la couleur de l’eau change avec.

Clear turquoise lake surrounded by dramatic limestone karst formations

La ville de Coron est fonctionnelle plutôt que charmante — un quadrillage de bâtiments en béton, de centres de plongée et de restaurants qui servent une population de passage de plongeurs et d’island-hoppers. Mais le point de vue du Mont Tapyas, accessible en grimpant 721 marches jusqu’au sommet derrière la ville, offre un panorama au coucher du soleil sur la baie de Coron qui justifie chaque marche. Apportez de l’eau. Apportez une San Miguel fraîche pour le sommet. Regardez les îles devenir noires sur fond de ciel qui parcourt toutes les couleurs chaudes que l’atmosphère peut produire.

Quand y aller : De novembre à mai pour des mers calmes et la meilleure visibilité. De mars à juin l’eau est la plus claire pour la plongée sur épaves. La saison des moussons (de juillet à octobre) apporte des mers agitées et de nombreux opérateurs de plongée réduisent leur programme.