Aerial view of Camiguin island's lush volcanic peaks rising above turquoise coastal waters, with a narrow white sand beach curving along the shoreline
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Camiguin

"Camiguin concentre plus de volcans par kilomètre carré que n'importe quelle autre île sur Terre, et reste pourtant charmante."

Nous avons traversé depuis Balingoan sur un ferry lent qui sentait le sel et la graisse de moteur, debout à la proue tandis que Camiguin s’assemblait hors de la brume — quatre cônes volcaniques, aucun d’eux modeste quant à sa hauteur, drapés d’une forêt si dense qu’elle paraissait presque mouillée depuis le large. L’île est assez petite pour en faire le tour en habal-habal dans la matinée. Cette petitesse est tout l’intérêt.

Le cimetière submergé et autres curiosités

La première chose qui m’a surpris n’avait rien à voir avec les volcans. Lors d’une sortie de snorkeling depuis Bonbon Beach, le batelier a coupé le moteur et a pointé le doigt vers le fond. Sous la coque : une croix rouillée debout en pleine eau, marquant l’ancien cimetière de Catarman, englouti par la mer quand le mont Vulcan est entré en éruption en 1871. J’ai flotté au-dessus pendant un long moment, à regarder la croix se balancer doucement dans le courant, des poissons se faufilant entre les coraux qui avaient colonisé les vieilles tombes. C’était un de ces moments où l’histoire devient quelque chose qu’on ressent dans la poitrine plutôt que quelque chose qu’on lit dans un livre.

Lia a trouvé l’ensemble à la fois magnifique et profondément troublant, ce qui semble être la réaction appropriée.

Sources chaudes et lanzones au marché

Chaque matin, nous traversions Mambajao — la ville principale de l’île — et nous nous arrêtions au marché public de la rue Bonifacio avant que la chaleur n’atteigne son pic. Les étals débordaient de lanzones, ce petit fruit sucré que Camiguin cultive mieux que presque partout ailleurs aux Philippines, avec une peau fine et translucide et une saveur quelque part entre le raisin et un agrume doux. Nous en mangions par poignées. Un kilo ne coûtait presque rien.

L’après-midi, nous montions jusqu’aux Ardent Hot Springs, près de la base du mont Hibok-Hibok, où une eau sulfureuse fumante se déverse dans des bassins en béton nichés sous des bananiers. L’odeur est distincte — minérale, légèrement putride, résolument géologique — et après vingt minutes à me prélasser dedans pendant que la pluie commençait à tomber à travers la canopée au-dessus, je me sentais une autre personne que celle qui était arrivée. Le volcan a exhalé quelque part au-dessus de nous, invisible dans les nuages. Il a été actif de mémoire d’homme. On le ressent.

White Island à marée basse

Un banc de sable appelé White Island émerge au large à marée basse, un mince ruban temporaire de sable blanc sans ombre ni structures. Nous avons pris une bangka à l’aube. La lumière arrivait en oblique sur l’eau, les volcans virant au violet puis au vert derrière nous au fur et à mesure que le soleil montait. Nous étions seuls sur le banc de sable pendant près d’une heure. Rien à faire qu’à se tenir dans les eaux chaudes et peu profondes et regarder en arrière une île qui renferme, d’une façon ou d’une autre, des multitudes en moins de deux cent quarante kilomètres carrés.

Quand y aller : De novembre à mai, avant que la saison des pluies ne s’épaississe. Le Festival du Lanzones en octobre attire du monde, mais le fruit est à son apogée — ça vaut la compagnie.