Boracay White Beach
"Le coucher de soleil sur White Beach à Boracay existe dans un registre de roses et d'oranges qu'aucun filtre de téléphone ne peut reproduire."
La première chose que j’ai remarquée, ce n’était pas la couleur mais la texture. Le sable de White Beach est si fin qu’il crisse légèrement sous les pieds — un frottement sec, presque talqueux, que je n’avais jamais ressenti auparavant. Je me suis baissé pour en laisser couler une poignée entre mes doigts — il a disparu dans la brise avant de toucher le sol. Lia m’a regardé sans rien dire, ce qu’elle fait quand elle sait qu’un endroit va nous retenir plus longtemps que prévu.
L’architecture de la plage
White Beach est divisée en trois stations le long de cette bande de quatre kilomètres, et le caractère change selon où l’on pose ses affaires. La Station 1, à l’extrémité nord, est celle où les expatriés de longue date semblent avoir établi leurs quartiers — plus lente, plus calme, le genre de bars où un chat occupe la meilleure place. La Station 2 est le cœur commercial : D’Mall, l’ensemble de boutiques en plein air juste derrière la ligne de palmiers, sent les brochettes de porc grillées et l’huile de coco, et les vendeurs alternent entre proposer des milk-shakes à la mangue fraîche et des pareos avec un rythme rodé et sans urgence. La Station 3 se resserre et s’adoucit pour devenir quelque chose de presque résidentiel. C’est là que nous avons échoué.
L’eau sur toute la longueur est ce turquoise particulier que les photographes de voyage utilisent pour prouver qu’un endroit est réel. Il était réel. Les bancas à balancier — ces étroites embarcations en bois munies de stabilisateurs en bambou — traversaient la baie toute la matinée pour emmener des plongeurs en apnée vers Crocodile Island, leurs coques basses et vives sur la houle.
Le coucher de soleil qui mérite sa réputation
Je me méfie en général des couchers de soleil célèbres. Ils ont tendance à arriver accompagnés de trop de trépieds et pas assez de silence. Boracay m’a surpris. Vers dix-sept heures trente, le ciel a accompli quelque chose qui ressemblait moins à un phénomène atmosphérique qu’à un acte délibéré — une combustion lente de l’or vers le corail, puis vers un magenta profond, presque meurtri, qui a duré peut-être vingt minutes. J’ai sorti mon téléphone par réflexe et l’ai refermé aussitôt. L’écran rendait tout ça bon marché.
La découverte inattendue est venue le lendemain matin. En marchant vers le nord le long de la ligne d’eau avant que la plage ne se remplisse, j’ai trouvé une rangée de flamboyants juste derrière le sable, au bord d’un petit chemin qui s’appelle Barangay Balabag Road, leurs frondaisons orange si proches des couleurs du coucher de soleil de la veille que l’endroit entier semblait poursuivre la même conversation sans nous.
Nous avons pris le petit-déjeuner dans un stand turo-turo en retrait de la plage — sinangag, riz frit à l’ail, et deux œufs au plat — pour moins de deux euros, en regardant les kitesurfeurs entamer leurs runs dans le vent de large.
Quand y aller : De novembre à mai, c’est la saison sèche, avec les vents les plus favorables au kitesurf entre décembre et mars. Éviter de juin à octobre, quand la saison des typhons peut considérablement raccourcir les journées et fermer la plage à la baignade.