Bohol
"Un paysage à la Dr. Seuss devenu réel, avec un primate de la taille du poing qui vous observe depuis une branche."
Bohol est l’île que je recommande aux gens qui veulent l’expérience des Visayas sans le bruit de Cebu ni la logistique de Palawan. Elle est assez compacte pour être explorée en trois ou quatre jours, assez variée pour vous occuper une semaine, et possède une particularité géologique si improbable que même la voir en personne ne vous convainc pas totalement qu’elle est réelle.
Les Chocolate Hills sont la vedette — plus de 1 200 collines coniques quasi identiques réparties dans l’intérieur des terres, recouvertes d’herbe qui vire au brun en saison sèche (d’où le nom) et au vert vif après les pluies. La plateforme d’observation de Carmen offre le cliché de carte postale, mais louez une moto et roulez à travers les vallées entre les collines pour la vraie expérience. L’échelle ne se révèle que lorsqu’on est au milieu, quand les collines se dressent de tous côtés et que la route serpente entre leurs flancs comme un chemin traversant un paysage rêvé par quelqu’un avec une obsession géométrique très spécifique.

Le tarsier des Philippines vit ici — un primate pas plus grand qu’un poing humain, avec des yeux énormes adaptés à la chasse nocturne et des doigts si fins qu’ils semblent appartenir à un autre animal. Le sanctuaire des tarsiers de Corella est l’option éthique pour les observer (évitez les attractions au bord des routes où les tarsiers sont gardés en cage pour les photos). Le sanctuaire vous place sur un sentier calme à travers la forêt, et les guides indiquent les tarsiers endormis accrochés aux branches au-dessus. Ils sont incroyablement petits, incroyablement délicats, et ils vous observent avec ces yeux ambrés immenses comme s’ils décidaient si vous êtes une menace ou simplement sans intérêt.
La croisière sur la rivière Loboc est un classique touristique — un restaurant flottant qui remonte le courant à travers la jungle pendant qu’un orchestre joue et que le déjeuner est servi. Ça semble kitsch. Ça l’est un peu. Mais la rivière elle-même est véritablement belle, la nourriture est correcte, et il y a quelque chose de désarmant à manger du poisson grillé sur un radeau de bambou pendant que des singes bondissent entre les arbres sur la rive.

L’île de Panglao, reliée à Bohol par un pont, est là où se trouvent les plages. Alona Beach est la bande principale — bien pour la plongée, correcte pour la baignade, bordée de restaurants qui vont d’excellent à indifférent. La plongée ici est sous-estimée — l’île de Balicasag, à trente minutes en bateau d’Alona, offre un tombant où l’on descend le long d’une falaise de corail dans un bleu si profond qu’il devient noir, et des tortues marines passent à portée de bras avec une indifférence à votre présence qui confine au philosophique.
Pour quelque chose de plus tranquille, roulez vers l’est jusqu’à Anda — une étendue de plage de sable blanc sur la côte sud-est de Bohol qui voit une fraction des visiteurs de Panglao et offre la même qualité d’eau avec une fraction des infrastructures. Apportez un livre. N’attendez rien. Recevez tout.
Quand y aller : De décembre à mai pour le temps sec. De février à avril est idéal — chaud, sec, et entre les foules des grandes vacances. Les Chocolate Hills sont les plus photogéniques en saison sèche quand elles brunissent, mais leur version verte (de juin à novembre) a sa propre beauté étrange.