Habitations néolithiques en pierre de Skara Brae regardant vers la baie de Skaill, les passages de communication visibles
← Îles Orcades

Skara Brae

"Le dressoir en pierre est encore debout. Ce qu'ils y rangeaient a disparu il y a cinq mille ans."

La marche depuis le centre des visiteurs jusqu’au site lui-même est brève et légèrement anti-climatique — un chemin à travers l’herbe, une crête, puis la baie de Skaill s’ouvre devant vous et le hameau apparaît en contrebas, ressemblant d’abord à rien de plus que quelques légères dépressions dans le sol. Puis on atteint la plateforme d’observation et on regarde vers le bas et on comprend ce qu’on est en train de voir. Des murs en pierre. Des lits en pierre, leurs encadrements intacts. Des dressoirs en pierre — des meubles à étagères, encore debout — qui auraient porté ce que ces gens jugeaient digne d’être exposé. Les pièces sont petites, les passages entre elles plus bas encore, mais la logique domestique de l’endroit est claire. Quelqu’un vivait ici. Quelqu’un dormait dans ce lit et gardait des choses sur cette étagère.

Vue plongeante dans l'une des habitations en pierre de Skara Brae avec son foyer central et son dressoir en pierre intacts

Skara Brae a été construite et habitée entre environ 3180 et 2500 av. J.-C. — plus ancienne que Stonehenge, plus ancienne que les pyramides de Gizeh. Une tempête en 1850 a emporté la dune de sable qui l’avait couverte et préservée pendant quatre millénaires et demi, et une seconde tempête en 1925 a révélé l’étendue complète du hameau. La conservation est extraordinaire grâce au sable. Ailleurs en Grande-Bretagne, les sites néolithiques survivent au mieux comme des terrassements, leurs contenus organiques depuis longtemps décomposés. Ici, parce que les dunes ont tout scellé, on trouve du mobilier en pierre. On trouve des coquilles de patelles et des os de bovins qui indiquent ce que mangeaient les gens. On trouve une boule de pierre sculptée dont personne n’est tout à fait sûr du but, manipulée et transmise de main en main pendant cinq mille ans avant que quelqu’un pense à poser la question.

La baie de Skaill derrière Skara Brae, des vagues vertes se brisant sur le sable qui recouvrait autrefois le hameau néolithique

Le centre des visiteurs gère le contexte — trouvailles, interprétation, une reconstitution d’une maison à travers laquelle on peut circuler, ce qui aide à calibrer l’échelle. Mais le poids émotionnel de la visite vient du fait de se tenir au bord du site réel, de regarder dans la Maison Sept ou la Maison Un, et d’essayer de tenir dans son esprit la distance entre alors et maintenant. C’est 5 000 ans. C’est genuinement difficile à ressentir en tant que nombre. Ce que l’on peut ressentir, debout tandis que la baie de Skaill vire au vert derrière soi et qu’une brume entre de la mer, c’est que les gens qui ont construit cet endroit travaillaient avec les mêmes matériaux — pierre, vent, eau, obscurité — dans lesquels on se trouve en ce moment même. La proximité de cette observation est ce qui rend Skara Brae différent d’une ruine. C’est moins une ruine qu’une question à laquelle on ne peut pas tout à fait répondre.

Quand y aller : D’avril à septembre est la saison de visite. L’été apporte la lumière et les meilleures conditions de marche. Une visite tôt le matin en semaine en mai ou début juin, avant l’arrivée des cars, donne accès au site presque seul. La baie de Skaill juste derrière vaut la promenade quelle que soit la saison.