Sunlight cutting through a narrow limestone canyon above luminous turquoise water, date palms crowding the rocky ledges along a gorge in Wadi Shab, Oman
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Wadi Shab

"La récompense de cette marche, c'est une eau qu'on n'arrive pas à croire réelle."

Randonnée dans des gorges bordées de palmiers jusqu'à des vasques turquoise secrètes cachées dans une grotte — le wadi le plus magique d'Oman.

On m’avait parlé du Wadi Shab comme on parle des choses dont on n’est pas sûr que vous méritez d’entendre. La voix baissée. Des instructions précises — prends des chaussures aquatiques, n’apporte rien que tu ne puisses pas mouiller — et puis une pause, comme si la personne se demandait si elle avait bien fait d’en parler. C’était à Mascate, autour d’une assiette de shuwa dans un restaurant près de la Corniche de Mutrah. Le lendemain matin, Lia et moi étions déjà sur la route côtière en direction du sud vers Sur, les montagnes Al Hajar plongeant dans la mer d’un côté et les palmiers-dattiers de la côte de Sharqiyah se brouillant de l’autre.

L’Entrée dans le Wadi

Le sentier démarre juste au bord de la route principale, près du village de Tiwi, et on rejoint le Wadi Shab en traversant une petite crique sur une barque en bois — deux minutes de traversée qui coûtent quelques centaines de bais et qui ont quelque chose de disproportionnément solennel, comme si on vous accordait un droit de passage plutôt qu’un simple transport. Après, le wadi s’ouvre devant soi : un couloir de calcaire pâle traversé par un cours d’eau saisonnier, ombragé par endroits de figuiers sauvages et d’acacias, les parois s’élevant abruptement des deux côtés jusqu’à ce que le ciel ne soit plus qu’une fine couture bleue au-dessus de la tête.

La marche jusqu’aux vasques prend environ une heure. Le sentier n’est pas difficile mais il est honnête — on escalade des rochers, on traverse des gués cheville dans une eau vert blanchâtre, et à certains endroits le canyon se resserre au point qu’on avance en file indienne, la roche tout près de chaque côté. L’odeur est minérale et fraîche même en octobre, quand le soleil dehors est encore brutal.

Ce que la Grotte Renferme

Les vasques apparaissent progressivement, l’eau passant du vert à quelque chose qui n’a pas de nom exact — turquoise est le mot que tout le monde emploie, mais il évoque quelque chose de tropical et de chaud, et ce n’est ni l’un ni l’autre. C’est froid et lumineux, et la couleur semble éclairée de l’intérieur. On a nagé à travers les dernières vasques à ciel ouvert pour arriver à l’entrée basse d’une grotte où il faut se faufiler dans l’eau vers l’obscurité. Je suis passé le premier, sans savoir vraiment ce qui m’attendait.

À l’intérieur de la grotte, une chambre. Le plafond s’élève légèrement, et par une fissure quelque part en hauteur, un mince rayon de lumière pénètre l’eau à un angle précis et la teinte de la couleur de l’antigel, d’une piscine de film, d’une chose trop vive pour être géologique. Lia a émergé dans mon dos un instant plus tard, a refait surface, et n’a rien dit. C’était la seule réponse appropriée.

Ce Qu’il Faut Savoir

Le wadi n’est pas gardé et reste largement sauvage. Passé la traversée en barque, il n’y a aucune infrastructure, aucune signalisation, aucun dispositif de secours. La nage dans la grotte implique une courte portion sans appui et demande d’être à l’aise dans l’eau. Partir tôt le matin pour avoir la meilleure lumière dans le canyon et éviter les groupes qui arrivent de Mascate en milieu de journée.

Quand y aller : D’octobre à mars, idéalement — les températures sont gérables et les pluies d’hiver rechargent parfois le cours d’eau, approfondissant les vasques. Juillet et août sont possibles mais la chaleur dans le canyon est implacable et le cours d’eau principal s’assèche souvent.