San Juan del Sur
"Le village de surf qui n'a pas encore été gâché. Laissez-lui le temps — ou ne le faites pas."
San Juan del Sur s’étend dans une parfaite baie en fer à cheval sur la côte Pacifique sud du Nicaragua, et c’est la ville la plus ouvertement touristique du pays. Je dis cela non pas comme une critique mais comme un contexte — à l’échelle centraméricaine, San Juan del Sur reste remarquablement peu développé. Il n’y a pas de gratte-ciels. Les pêcheurs tirent encore leurs bateaux sur la plage. La rue principale compte plus de comedores que de bars à cocktails. Mais les surfeurs sont arrivés, les retraites de yoga ont suivi, les agents immobiliers tournent, et si vous voulez voir ce village avant qu’il ne devienne le prochain Nosara, la fenêtre est ouverte — mais elle ne le restera pas éternellement.
Le surf est ce que la plupart des gens viennent chercher, et il tient ses promesses. La plage du village elle-même est douce — parfaite pour les débutants et pour se baigner — mais les vraies vagues sont sur les plages au nord et au sud, accessibles en bateau ou par les camionnettes-navettes qui circulent chaque jour. Playa Maderas, à vingt minutes au nord, est le break le plus régulier : un beach break avec des gauches et des droites qui marchent sur presque toutes les marées et directions de houle. Playa Hermosa, plus au nord, est plus vide et plus puissante. Playa Remanso, au sud, est un reef break pour les surfeurs plus expérimentés. La location de planches est bon marché, les cours sont partout, et l’eau est assez chaude pour ne jamais avoir besoin de combinaison.

Le Cristo de la Misericordia — une statue blanche du Christ dressée sur une colline au-dessus de la baie — est la version san-juanaise du Christ Rédempteur de Rio, en plus petit mais avec une meilleure vue sur le coucher de soleil. La montée prend vingt minutes, et du sommet on plonge le regard sur toute la baie en fer à cheval, les bateaux au mouillage, les pangas de pêcheurs qui partent pour la soirée, et un coucher de soleil sur le Pacifique qui fait passer l’eau du bleu à l’or puis au noir. Je suis resté là une heure assis. C’est gratuit et c’est l’une des plus belles choses du Nicaragua.
La scène gastronomique est meilleure qu’on ne l’attendrait d’un village de surf. Du homard frais dans des restaurants en bord de mer pour une fraction de ce qu’on paierait n’importe où dans les Caraïbes. Du ceviche fait à partir de la pêche du matin. Le nacatamal — la version nicaraguayenne du tamale, massif et enveloppé dans des feuilles de bananier — vendu par les femmes le dimanche matin. Et les comedores le long de la rue du marché, où un repas complet de riz, haricots, viande grillée et plantains coûte moins d’un dollar.

Le Sunday Funday — le pool-crawl de routards devenu l’événement signature de San Juan del Sur — est soit votre truc, soit il ne l’est pas. J’y suis allé une fois, j’ai tenu deux piscines, et je me suis retiré dans un hamac avec un livre. Mais l’énergie est réelle, et c’est la raison pour laquelle la ville a une vie nocturne. Si vous avez la vingtaine et voyagez seul, c’est un moyen efficace de rencontrer tout le monde.
Le nidage des tortues à Playa La Flor, au sud du village, est l’un des grands spectacles de faune d’Amérique centrale. Entre juillet et janvier, des tortues olivâtres arrivent en pontes massives — des milliers de tortues sur une seule plage sur quelques nuits. La réserve est gérée, les visites sont guidées et programmées. C’est l’une des rares expériences au Nicaragua qui nécessite une organisation à l’avance, et elle vaut chaque effort logistique.

Quand y aller : Le surf est possible toute l’année mais les plus grosses houles arrivent de mars à octobre. La saison sèche (novembre à avril) est plus confortable pour les non-surfeurs. Le nidage des tortues se déroule de juillet à janvier. Décembre et janvier sont les mois les plus fréquentés.