Drapeaux de prière tendus au-dessus de Kyanjin Gompa, la paroi glaciaire du Langtang Lirung surgissant derrière dans la lumière vive de l'hiver
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Vallée du Langtang

"Chaque région de trek a sa réputation. Celle du Langtang, c'est d'être la deuxième meilleure. Je dirais plutôt que c'est simplement la plus honnête."

Quiconque a passé du temps au Népal a un avis sur le trek qui serait le meilleur. Le camp de base de l’Everest, c’est la marque. Le tour des Annapurnas, c’est le classique. Le Langtang, dit-on, c’est le bon que personne ne fait. J’y suis allé en novembre avec un rhume et de faibles attentes, et j’en suis revenu avec la conviction que la hiérarchie convenue est en grande partie fausse.

Y parvenir

Le départ du sentier, à Syabrubesi, se trouve à quatre à six heures de Katmandou en bus — un trajet qui serpente à travers la gorge de la rivière Trishuli et vous dépose dans une petite bourgade marchande du corridor frontalier tibétain. La montée dans la vallée commence immédiatement et vous engage dans la logique de l’altitude : vous montez, vous dormez là où vous arrivez, vous recommencez. Pas de téléphérique, pas de raccourci. Le sentier traverse une forêt de rhododendrons qui, en novembre, est réduite à sa seule charpente — des branches comme de l’encre noire sur le brouillard — et, en contrebas, la rivière Langtang gronde dans la gorge avec une froide autorité.

La vallée après le séisme

Le séisme de 2015 a tué plus de 300 personnes dans le village de Langtang lorsqu’un glissement de terrain sismique en a enseveli la majeure partie en quelques minutes. Le village reconstruit qui se dresse aujourd’hui est une construction neuve sur le même sol. Il faut le dire clairement : l’absence reste lisible si l’on sait où regarder. Un stupa commémoratif se trouve juste au-dessus du village. Les gens qui vivent ici ont choisi de rester et de reconstruire, ce qui est en soi une forme de vérité sur ce lieu.

Les maisons de thé reconstruites sont propres et la cuisine est bonne — ragoût de yak, bouillie de tsampa en altitude, thé au gingembre qui ouvre chaque matin à chaque altitude. L’hospitalité semble méritée plutôt que transactionnelle, ce qui est, j’en suis venu à le penser, la qualité qui définit le Langtang.

Kyanjin Gompa et la haute vallée

La plupart des trekkeurs poussent jusqu’à Kyanjin Gompa, à 3 870 mètres, où un petit monastère et une fromagerie partagent le plateau au pied du glacier du Langtang Lirung. Le fromage est fait de lait de yak et a un goût situé quelque part entre le gruyère et l’air frais de la montagne, ce qui est une description imprécise mais la meilleure que j’aie. J’en ai acheté 300 grammes et en ai mangé l’essentiel cet après-midi-là, assis sur un rocher à regarder les nuages se dissoudre sur la face du glacier.

Depuis Kyanjin, les randonnées à la journée vers le Tserko Ri (4 984 mètres) ou la moraine qui le surplombe vous offrent ce panorama himalayen à 360 degrés qui rend techniquement exact chaque superlatif galvaudé. Le Langtang Lirung, à 7 227 mètres, est presque trop proche — un mur de glace et de roche qui emplit l’horizon nord comme un argument géologique.

Pourquoi ça compte

Le Langtang reçoit une fraction du trafic de trekkeurs que connaissent les corridors de l’Everest et des Annapurnas. Concrètement, cela veut dire : les propriétaires de maisons de thé se souviennent de vous, les sentiers ne sont pas creusés par le passage des pas, et les moments de véritable solitude — au-dessus de 4 000 mètres, avec pour seul son le vent venu du glacier — sont accessibles sans avoir à marcher quatre jours depuis la route la plus proche. Pour une région de trek aussi proche de Katmandou, c’est remarquable.

Je suis redescendu de Kyanjin avec des poumons plus nets, un carnet terminé, et ce calme particulier qui naît d’une semaine passée à marcher chaque jour dans la même direction. Le Langtang est ce genre d’endroit.

Quand y aller : octobre et novembre sont la haute saison — ciel dégagé, sentiers secs, nuits froides au-dessus de 3 500 mètres. Mars et avril offrent des rhododendrons en fleur et moins de monde. Évitez de décembre à février, à moins d’être à l’aise avec un froid sérieux et d’éventuelles fermetures pour neige au-dessus de 3 000 mètres. La mousson (de juin à septembre) rend les sentiers boueux et les panoramas rares.