Île Tioman
"Tioman garde sa jungle verte jusqu'au bord de l'eau et ne vous demande rien en échange."
Nous sommes arrivés à Tioman par un ferry rapide depuis Mersing, le genre de traversée où la coque claque la mer de Chine méridionale avec assez de violence pour vous faire vibrer les molaires. Puis l’île est apparue — deux pics volcaniques drapés de forêt tropicale, la jungle courant sans interruption du sommet jusqu’au rivage, sans une seule tour d’hôtel ni un parking pour rompre la ligne. Je me souviens d’avoir pensé : quelque chose s’est bien passé ici.
Kampung Tekek et le rayon hors taxes
Le village principal, Kampung Tekek, est une seule rue goudronnée bordée de boutiques de plongée, de kedai runcit vendant des Marlboros bon marché, et de restaurants en plein air avec des chaises en plastique tournées vers l’eau. Comme Tioman se trouve en zone franche, la bière coûte moins cher que l’eau minérale à Kuala Lumpur — un fait que l’île n’affiche pas mais que tout le monde semble connaître. Nous avons mangé du nasi goreng kampung dans un endroit sans nom sur l’enseigne, juste un poisson peint à la main, et la fumée du wok se mêlait à l’odeur de marée basse de l’estuaire d’une manière que j’ai trouvée étrangement réconfortante. Le riz avait ce grillé qu’on n’obtient que d’un wok en acier au carbone noirci par la flamme, et la patronne a rempli mon verre de teh tarik sans que je le demande.
Le récif de Coral Island
C’est Lia qui a trouvé la plongée en masque. Elle est revenue au bungalow en s’enthousiasmont d’une tortue imbriquée qu’elle avait suivie le long du jardin de corail au large de Pulau Tulai — ce que les moniteurs de plongée appellent Coral Island — et a insisté pour qu’on loue à nouveau des masques le lendemain matin. Elle avait bien fait d’insister. La visibilité était absurde, quinze mètres ou plus, et les formations de corail dur le long de la face nord-ouest de l’îlot étaient intactes comme je n’en avais pas vu depuis les Tuamotu. Des macaques à longue queue nous observaient depuis la plage quand nous sommes remontés à la surface, parfaitement indifférents, assis à l’ombre des arbres de fer avec le calme propriétaire des animaux qui savent qu’ils sont plus nombreux que les touristes.
Le chemin en forêt dont personne ne parle
La découverte inattendue est venue le deuxième après-midi. J’ai demandé à la boutique de plongée s’il existait un sentier entre Tekek et le village suivant, Juara, sur la côte est de l’île. Il en existe un — une marche de deux heures par-dessus la crête centrale à travers de la forêt primaire, en suivant un chemin en béton qui disparaît parfois dans des systèmes racinaires. À mi-chemin, la canopée s’est refermée entièrement et la température a chuté de cinq degrés. Je me suis arrêté dans la pénombre verte à écouter un calao que je ne pouvais pas voir, et la traversée en ferry et le rayon hors taxes et tout le reste se sont complètement dissous. Les promesses de Tioman se tiennent à l’intérieur des terres.
Quand y aller : De mars à octobre, c’est la saison sèche sur la côte est, avec les mers les plus calmes pour la plongée avec masque et la plongée bouteille. Évitez novembre à février — la mousson du nord-est ferme la plupart des hébergements et le ferry depuis Mersing ne part que quand le capitaine en a envie.