Rolling green tea plantations with misty mountains in the background
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Cameron Highlands

"On y est allés pour fuir la chaleur et on a oublié de repartir."

Les Cameron Highlands ressemblent à un morceau de campagne anglaise que quelqu’un aurait soulevé et déposé dans les montagnes malaisiennes. À 1 500 mètres d’altitude, l’air est assez frais pour les fraises, le thé et les longues promenades sans arriver trempé de sueur — un luxe véritable en Asie du Sud-Est équatoriale. Après une semaine sous la chaleur de Penang et l’humidité de KL, les Camerons frappent comme un soulagement physique, la température baissant perceptiblement à chaque virage de la route sinueuse qui monte depuis les basses terres.

La plantation de thé BOH est le clou du spectacle : des rangées de théiers taillés qui ondulent sur les collines en vagues vertes hypnotiques, comme si quelqu’un avait peigné le paysage. Le domaine de Sungei Palas possède un café perché à flanc de colline avec vue sur la plantation, et la tasse de thé qu’on y sert — fraîche, florale, si récemment transformée qu’on peut en goûter l’altitude — m’a fait comprendre pourquoi les colonisateurs britanniques avaient choisi cet endroit. Non seulement pour le climat, mais pour la possibilité de recréer la seule chose qui leur manquait de chez eux. La visite de l’usine est courte mais éclairante, retraçant le chemin de la feuille à la tasse à travers une série de machines qui n’ont guère changé depuis les années 1930.

Emerald rows of tea bushes cascading over hillsides at the BOH Tea Plantation

Nous avons randonné sur le sentier de la forêt mousseuse, à travers une forêt nuageuse drapée de fougères, d’orchidées et de plantes carnivores — une boucle de deux heures dans un monde qui semblait préhistorique, les arbres rabougris par l’altitude et enveloppés dans une mousse si épaisse que les troncs avaient doublé de circonférence. La lumière traversait la canopée en faisceaux verts, et le silence était de celui qui vous rend conscient de votre propre respiration. Le sentier est balisé, mais pas toujours clairement, et un guide local vaut bien sa modeste rétribution rien que pour les connaissances botaniques — le nôtre nous a montré des plantes médicinales, des orchidées rares et une plante carnivore assez grande pour piéger une souris.

Le marché matinal de Brinchang est une institution des hauteurs. Des légumes et des fleurs qui ne peuvent pousser à basse altitude — fraises, asperges, chrysanthèmes, choux de la taille de ballons de football — s’entassent sur les étals des agriculteurs qui cultivent ces terrasses depuis des générations. Les fermes de fraises sont une obsession locale, et si les opérations de cueillette en libre-service visent surtout le tourisme intérieur, les fraises elles-mêmes sont vraiment bonnes — petites, sucrées, et qui ont le goût de l’air frais et de la terre rouge.

Mist rolling through the forested hills of the Cameron Highlands at dawn

L’héritage colonial est visible partout. Des bungalows de style Tudor aux noms comme Ye Olde Smokehouse et Lakehouse s’étalent dans les collines avec des jardins qui n’auraient pas l’air déplacés dans les Cotswolds. Le Smokehouse sert encore des cream teas avec des scones et de la crème épaisse, et même si la nostalgie qu’il vend n’est pas la mienne — je suis français, après tout — il y a quelque chose de désarmant à manger un scone à 1 500 mètres au milieu de la jungle malaisienne tandis que la brume descend dans la vallée en contrebas.

Le steamboat du soir est le rituel local — un bouillon frémissant encastré au centre de la table, avec des assiettes de viande en tranches fines, de tofu, de légumes et de nouilles que l’on fait cuire soi-même. Dans la fraîcheur du soir — une denrée rare en Malaisie — c’est le repas idéal, convivial et réchauffant, parfaitement adapté à un endroit qui existe à l’intersection de l’altitude et du confort.

Freshly picked tea leaves and a cup of BOH tea at the plantation cafe

Quand y aller : Toute l’année — le climat des hautes terres garantit des températures fraîches et constantes entre 15 et 25 degrés. De mars à septembre, c’est légèrement plus sec. Les week-ends attirent les touristes nationaux, visez donc la semaine si possible. Le trajet en voiture depuis KL dure environ trois heures, il est pittoresque mais sinueux — si vous avez le mal des transports, prenez la place avant.