Je dois être honnête sur Raja Ampat : ça m’a abîmé. Depuis que j’ai plongé ici, chaque récif que j’ai visité me fait l’effet d’un musée comparé à une ville vivante. Cet archipel reculé à la pointe nord-ouest de la Papouasie — plus de 1 500 îles éparpillées sur une mer si limpide qu’elle semble numérique — contient plus d’espèces de coraux et de poissons au mètre carré que n’importe quel autre endroit sur la planète. Les biologistes marins l’appellent l’épicentre de la biodiversité marine mondiale. Les plongeurs l’appellent le meilleur endroit sur Terre. Les deux ont raison, et aucune description ne vous prépare à l’expérience de descendre sous la surface et de se retrouver face à un récif si dense de vie que le cerveau n’arrive pas à tout traiter d’un coup.
Les chiffres sont presque absurdes : plus de 1 500 espèces de poissons, 600 espèces de coraux — plus que toutes les Caraïbes réunies — et des populations de raies manta, de requins wobbegong, de hippocampes pygmées et de requins baleines qui traitent les récifs comme une adresse permanente plutôt qu’une halte saisonnière. Les sites de plongée ont des noms qui deviennent légendaires parmi ceux qui les ont visités : Misool, avec ses murs de coraux mous dans des couleurs qui n’existent pas sur terre. Cap Kri, qui détient le record mondial du plus grand nombre d’espèces de poissons comptées en une seule plongée — 374. Manta Sandy, où des raies mantas de récif planent au-dessus des stations de nettoyage avec une grâce qui vous fait oublier que vous avez besoin de respirer.

Mais Raja Ampat n’est pas réservé aux plongeurs. Les îles elles-mêmes sont stupéfiantes — des formations karstiques en forme de champignon qui émergent d’eaux émeraude, des lagons cachés accessibles uniquement en kayak, des plages si blanches et si vides qu’elles semblent hypothétiques. Le belvédère de Wayag, atteint par une escalade raide sur une crête calcaire, offre un panorama d’océan parsemé d’îles qui est l’un des paysages les plus photographiés d’Indonésie — et à juste titre. Les villages papous locaux maintiennent un rythme de vie centré sur la pêche et le traitement du sagou qui précède tous les dépliants touristiques jamais écrits sur l’endroit.

Venir ici demande des efforts — des vols jusqu’à Sorong, puis un transfert en bateau de deux à quatre heures selon la destination — et séjourner n’est pas donné. Les éco-lodges et les bateaux de croisière plongée qui opèrent dans le parc marin facturent en conséquence, et les droits d’entrée à la zone de conservation financent les patrouilles marines qui ont fait de Raja Ampat l’une des grandes réussites de la conservation en Asie du Sud-Est. Les récifs se régénèrent. Les populations de poissons augmentent. C’est l’un des rares endroits où le tourisme et la conservation sont véritablement alignés, et chaque roupie des droits d’entrée se justifie pleinement.
Quand y aller : D’octobre à avril pour les mers les plus calmes et la meilleure visibilité. La saison des mantas atteint son pic de novembre à avril. Le voyage mérite d’être planifié soigneusement — la plupart des visiteurs réservent leurs bateaux de croisière plongée ou leurs éco-lodges bien à l’avance.