Morning mist rising over Tegallalang rice terraces in Bali
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Bali

"L'île que tout le monde visite et que presque personne ne voit vraiment."

Bali est l’île la plus célèbre d’Indonésie et, selon l’endroit où l’on se trouve, soit la plus surévaluée, soit la plus méritante de sa réputation. Les deux sont vraies simultanément, ce qui constitue le paradoxe essentiel de Bali. La côte sud — Seminyak, Kuta, Canggu — a été engloutie par le tourisme d’une façon parfois charmante et souvent épuisante. Mais Bali n’est pas la côte sud. Bali, c’est les rizières en terrasses de Sidemen à l’aube, les temples aquatiques de Tirta Empul avant l’arrivée des cars, la forêt de singes de Sangeh où personne ne va parce que tout le monde va à celle d’Ubud, les plages de sable noir d’Amed où la plongée est de niveau mondial et la vie nocturne se résume à une Bintang fraîche dans un warung.

La culture hindoue ici n’est pas un décor — c’est le système d’exploitation. Chaque compound a son temple. Chaque matin commence par des offrandes : de petits plateaux en feuille de palmier garnis de fleurs, de riz et d’encens, déposés sur les seuils, aux carrefours, sur les tableaux de bord des motos. Le calendrier des cérémonies est dense et non négociable — fêtes de temple à la pleine lune, processions de crémation qui bloquent les routes pendant des heures, le jour du silence annuel où toute l’île s’éteint. Le rapport de Bali au sacré n’est pas mis en scène pour les visiteurs. Il est, tout simplement.

Emerald rice terraces cascading down a Balinese hillside

Restez à l’est. Sidemen est le Bali que les écrivains voyageurs décrivaient il y a trente ans — vallée volcanique, rizières en terrasses d’un vert intense, petites guesthouses tenues par des familles sincèrement heureuses de vous accueillir. Amed, plus à l’est le long de la côte, est un chapelet de villages de pêcheurs avec certains des meilleurs spots de snorkeling et de plongée de l’île. L’épave japonaise de Tulamben est à dix minutes de nage depuis le rivage. J’ai passé une semaine à Sidemen une fois, sans rien faire de plus ambitieux que marcher dans les rizières, dîner chaque soir au même warung, et regarder le mont Agung changer de couleur avec la lumière. C’était une des meilleures semaines que j’aie passées où que ce soit.

Les temples méritent du temps et de l’intention. Besakih, le Temple Mère sur les pentes de l’Agung, est le plus important — un vaste complexe de sanctuaires interconnectés qui grimpe sur le flanc de la montagne à travers des couches de brume. Uluwatu, perché sur une falaise au-dessus de l’océan Indien, est dramatique au coucher du soleil mais transcendant pendant la danse du feu Kecak jouée sur le rebord de la falaise tandis que le ciel brûle orange. Tirta Empul, le temple de purification par l’eau près de Tampaksiring, offre une expérience rituelle ouverte aux visiteurs respectueux — traverser les bassins sacrés à pied, l’eau de source froide et d’une clarté saisissante, pendant que des familles balinaises conduisent leurs propres purifications à vos côtés.

Traditional Balinese temple with tropical gardens and stone carvings

Mangez dans les warungs. La meilleure nourriture de Bali ne coûte presque rien. Le nasi campur — du riz avec de petites portions de ce que le cuisinier a préparé ce jour-là — est le repas essentiel de l’île. Le babi guling (cochon de lait rôti) chez Ibu Oka à Ubud est la version célèbre ; celui du warung sans nom du marché de Gianyar est meilleur. Le lawar — une salade de viande hachée, légumes, noix de coco râpée et épices — varie selon les villages, et en traquer les différences est l’un des grands plaisirs de traverser l’île à table.

Quand y aller : Avril à juin ou septembre. Juillet et août sont la haute saison et les zones populaires sont véritablement bondées. La saison des pluies (novembre à mars) apporte des averses l’après-midi, mais aussi des temples vides et une végétation d’un vert absolu.