The Great Reformed Church of Debrecen with its twin towers on a sunny day
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Debrecen

"La Rome calviniste de la Grande Plaine."

Debrecen a joué un rôle démesuré dans l’histoire hongroise — elle a servi deux fois de capitale du pays et sa Grande Église Réformée a ancré le mouvement protestant dans une région majoritairement catholique. L’église domine la place principale, sa façade austère à deux tours tenant davantage de la déclaration de principes que de l’ornement. Je suis arrivé un dimanche matin et j’ai entendu l’orgue depuis l’extérieur, ce qui m’a attiré à l’intérieur — l’espace est aussi dépouillé que la théologie, et en tire une puissance singulière.

La ville qui l’entoure mêle grandeur civique du XIXe siècle et énergie de cité universitaire, et le complexe de bains thermaux Aquaticum dans le parc de la Grande Forêt propose bassins, toboggans et paysages de sauna à une échelle qui rivalise avec Budapest. J’y ai passé une matinée que j’avais pourtant destinée aux musées, ce qui en dit plus sur la qualité de l’eau thermale que sur ma discipline.

La Grande Église Réformée et la place principale de Debrecen par temps clair

Hortobágy — La Dernière Grande Prairie d’Europe

L’attrait véritable se trouve juste au-delà de la ville. Le Parc national d’Hortobágy, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, est la plus grande prairie continue d’Europe — un paysage plat et lumineux où des cavaliers csikós conduisent encore des bovins gris et des moutons Racka aux cornes en spirale caractéristiques. J’ai roulé jusqu’ici par un après-midi d’octobre, quand la lumière était basse et dorée, et la plaine semblait s’étirer jusqu’à la courbure de la terre. Le silence avait quelque chose d’américain dans son ampleur — je pensais au Texas panhandle, au désert de Chihuahua, à ces paysages où le ciel occupe les quatre cinquièmes du cadre.

Le Pont aux Neuf Arches, le plus long pont de pierre de Hongrie, enjambe la rivière Hortobágy dans un tableau qui n’a guère changé depuis des siècles. Des mirages tremblotent sur la plaine en été, et la migration automnale des grues ramène des centaines de milliers d’oiseaux en formations si denses qu’elles obscurcissent le ciel. Je les ai regardées arriver au crépuscule, vague après vague, et le son — un trompettement collectif qui montait et montait — constituait l’un des spectacles naturels les plus extraordinaires auxquels j’aie jamais assisté.

The vast grasslands of Hortobágy National Park with traditional Hungarian grey cattle

Quand y aller : Août pour le Carnaval des Fleurs de Debrecen. Octobre pour la migration des grues à Hortobágy. Le printemps pour les fleurs sauvages sur la plaine.