The Palais des Papes rising above Avignon's sun-bleached rooftops, its massive Gothic towers catching the golden light of late afternoon over the Rhône valley
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Avignon

"Avignon a abrité la papauté pendant un siècle, et ses murs n'ont jamais laissé le monde l'oublier."

Je suis arrivé à Avignon par un soir de juillet, descendant du TGV dans un air qui sentait la pierre chaude et la lavande d’un vendeur invisible sur le quai. Les remparts sont apparus presque aussitôt — une muraille de calcaire pâle s’étirant bien au-delà de ce qu’on imaginerait pour une ville de cette taille, quatorze tours intactes après sept siècles. Elles ne donnent pas l’impression de ruines. Elles donnent l’impression d’une déclaration.

Le Palais et son Poids

Rien ne vous prépare vraiment au Palais des Papes. J’avais vu des photographies, bien sûr, mais les photographies ne peuvent pas rendre l’échelle d’un endroit comme celui-ci. Debout dans le Grand Tinel — la salle des banquets où les cardinaux mangeaient et complotaient — j’ai ressenti le vertige particulier des salles construites pour le pouvoir plutôt que pour le confort. Les murs sont nus à présent, les fresques presque toutes disparues, mais cette nudité amplifie quelque chose. La pierre respire froid même en juillet.

Lia a passé vingt minutes dans la chambre du cerf, le studiolo de Clément VI, à photographier les fresques de chasse peintes directement sur le plâtre — des cerfs bondissant dans une eau peinte, des fauconniers, des barques de pêche — délicates et presque tendres face à la sévérité extérieure du palais. Nous n’arrêtions pas d’y revenir tous les deux.

Le festival avait investi la cour d’honneur lors de notre visite. Gradins, gréements, câbles partout — ce chaos organisé dans lequel les gens de théâtre s’épanouissent. Je ne m’attendais pas à tomber sur une répétition générale, une troupe travaillant un Molière dans la chaleur du soir, des acteurs qui projetaient leur voix vers des sièges vides pendant que les machinistes se criaient des mesures. Nous avons regardé depuis l’encadrement d’une porte bien plus longtemps qu’il n’aurait fallu.

La Rue des Teinturiers et le Fleuve au-Delà du Pont

L’endroit d’Avignon où je revenais sans cesse était la rue des Teinturiers — une ruelle étroite en bordure d’un canal où des roues à eau pendent encore au-dessus du courant, mousseuses et à demi submergées. Les platanes se rejoignent en voûte au-dessus. Par un après-midi de canicule, c’est la rue la plus fraîche de la ville, et la lumière y passe verte.

J’ai mangé un tian ici, dans une petite adresse sans enseigne que je serais bien en peine de retrouver aujourd’hui — ce gratin provençal de courgette et de tomate en couches qui a un goût d’été conservé. Une cuisine simple qui exige d’excellentes tomates. Avignon en juillet a d’excellentes tomates.

Le Pont Saint-Bénézet — le pont célèbre, Sur le Pont d’Avignon — s’arrête à mi-chemin sur le Rhône. Je le savais. Ce que je ne savais pas, c’est l’étrangeté qu’il y a à se tenir sur ce bord brisé et à regarder l’eau face à rien, la rive opposée hors d’atteinte, le pont qui se termine simplement en ciel ouvert.

Quand y aller : Juillet apporte le Festival d’Avignon et une énergie extraordinaire, mais les hébergements se réservent des mois à l’avance. Mai et septembre offrent la même lumière et la même chaleur avec bien plus d’espace pour respirer à l’intérieur du palais.