Cabarete
"Le vent se lève chaque après-midi comme une horloge, et la baie se remplit de cerfs-volants comme un champ de fleurs qui s'envolent."
Cabarete doit tout au vent. Les alizés s’engouffrent dans la baie chaque après-midi avec une régularité qui a fait de ce petit bourg de la côte nord l’une des destinations mondiales de référence pour le kitesurf et la planche à voile. Nous sommes restés sur la plage à regarder des dizaines de cerfs-volants envahir le ciel dans un spectacle de couleurs et de chaos maîtrisé, tandis que les riders traçaient des courbes sur les vagues en contrebas. Même sans participer, le spectacle était hypnotique. J’ai passé du temps dans d’autres spots de sports de vent — Tarifa, Essaouira — et Cabarete a cette même énergie : un endroit où la météo n’est pas quelque chose que l’on subit, mais quelque chose que l’on attend avec impatience.

Nous avons pris un cours de kitesurf et découvert que c’est plus difficile qu’il n’y paraît, et bien plus addictif qu’on ne l’imaginait. Les instructeurs — pour la plupart dominicains ou européens échoués ici il y a des années et jamais repartis — ont une patience forgée à enseigner à des milliers de débutants. Le premier cours consiste surtout à contrôler le kite sur la plage et à se laisser traîner dans les hauts-fonds. Au troisième cours, quelque chose se déclenche — le kite accroche le vent, la planche s’engage, et pendant trois secondes on glisse sur l’eau avant de chuter spectaculairement. Ces trois secondes suffisent à comprendre pourquoi des gens réorganisent leur vie entière autour de ce sport.
La plage elle-même est une scène sociale — restaurants et bars longent le sable, et le passage du sport de l’après-midi au dîner puis à la nuit est d’une fluidité parfaite. Nous avons mangé des fruits de mer frais les pieds dans le sable. L’ambiance après la tombée du vent est festive — kiteurs bronzés échangeant leurs exploits, bières fraîches, et la lumière de l’heure dorée transformant la baie en quelque chose de si beau qu’un peintre n’oserait pas le peindre de peur de manquer de crédibilité.

Nous avons visité Playa Encuentro, le spot de surf voisin qui offre de bonnes vagues pour tous les niveaux. Les 27 Cascades de Damajagua, à quelques minutes en voiture, nous ont livré une journée de grimpe et de sauts dans un canyon de jungle qui fut la plus belle journée du voyage. On monte à pied à travers la forêt, puis on redescend en passant par une série de vasques naturelles et de cascades en sautant, glissant et nageant. Les guides sont courageux et drôles, et le dernier saut — sept mètres dans une vasque bleue cerclée de parois calcaires — est le genre d’expérience qui vous fait vous sentir, l’espace d’un instant, glorieusement vivant.

Quand y aller : De juin à septembre, le vent est le plus fort et le plus régulier pour le kitesurf. De décembre à avril, c’est la saison sèche avec de bonnes conditions de vent. Le surf à Encuentro est à son meilleur d’octobre à avril. Les 27 Cascades sont ouvertes toute l’année. Les soirées d’été sont les plus animées.