La citadelle génoise de Calvi sur son promontoire dominant la baie turquoise, le Monte Cinto enneigé visible au loin
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Calvi

"Les montagnes avaient encore de la neige et la mer était déjà à une température pour se baigner. La Corse n'arrête pas de briser ses propres règles."

Le petit train qu’on appelle le Trinighellu — le tremblant — a mis trois heures d’Ajaccio à Calvi, s’arrêtant à des stations qui n’étaient parfois qu’un quai dans un champ. J’avais une place côté fenêtre et j’ai regardé le littoral apparaître et disparaître entre falaises et caps boisés, puis nous avons pris un virage et la baie de Calvi s’est ouverte devant nous : un large croissant bleu, un long arc de sable pâle, et au bout une citadelle sur un promontoire, ses remparts génois couleur de terre séchée. Derrière tout cela, le Monte Cinto portait encore de la neige fin mai. J’ai une photo de ce moment que je n’ai jamais réussi à vraiment expliquer à des gens qui ne l’ont pas vu.

La citadelle génoise de Calvi au coucher du soleil, la baie rayonnant orange en dessous, les mâts de la marina au premier plan

La citadelle est la construction génoise habituelle — épais remparts, portes étroites, une cathédrale, des maisons empilées sur la pente à l’intérieur des murailles — mais ce qui la distingue, c’est le panorama. Depuis la terrasse supérieure, on voit l’arc complet de la baie, l’arrière-pays de la Balagne s’élevant derrière la ville, les toits rouges et ocre en contrebas, et par les jours les plus clairs la côte ligure de l’Italie continentale, une vague silhouette vers le nord-est. Calvi revendique, avec une passion locale et peu de preuves, d’être le lieu de naissance de Christophe Colomb. Une tour en ruine à l’intérieur de la citadelle est censée marquer sa maison d’enfance. J’ai trouvé la théorie séduisante. Les Génois étaient partout dans cette partie de la Méditerranée et la chronologie n’est au moins pas impossible.

La plage est l’autre raison pour laquelle les gens viennent. Six kilomètres de sable blanc se courbant vers l’ouest depuis le promontoire de la citadelle, bordés de pins parasols qui fournissent la seule ombre disponible. En juin l’eau est déjà assez chaude pour nager confortablement et la plage est occupée au tiers environ. En août chaque centimètre carré est pris. J’ai nagé un matin tôt quand la baie était calme, la citadelle projetant un long reflet sur la surface immobile, et les seuls sons étaient les petites vagues et les oiseaux qui vivent dans ces pins.

La plage de Calvi à l'heure dorée, déserte à l'aube, le promontoire de la citadelle en silhouette au loin

Le festival de jazz qui s’empare de la ville chaque juin — Jazz à Calvi — fait venir des musiciens de toute l’Europe et remplit chaque terrasse et chaque place de concerts en soirée. C’est exactement aussi improbablement bon que ça en a l’air pour une ville de cinq mille habitants. Bien manger à Calvi est simple : les restaurants de la marina servent de la daurade fraîche grillée à l’huile d’olive et aux herbes, une demi-carafe de Patrimonio blanc, l’habitude corse d’apporter plus de pain qu’on n’en a demandé. La ville a une sophistication discrète, pleine de marins et de randonneurs qui descendent des sections nord du GR20, un mélange qui l’empêche d’être purement saisonnière et décorative.

Quand y aller : Juin est le moment idéal — le festival de jazz, une mer chaude, une foule gérable. Mai pour le calme et un hébergement moins cher avec toute la baie presque pour soi. Septembre est excellent pour la baignade et le retour d’un peu d’espace. Évitez août si vous tenez à pouvoir marcher sur la plage sans planifier votre itinéraire.