Europe
Cornouailles
"Le seul endroit en Angleterre où la mer semble vraiment sauvage."
Je suis arrivé à St Ives un mardi d’octobre, ce qui s’est révélé être la meilleure version possible de cette décision. Les foules estivales étaient parties, la lumière faisait quelque chose que je n’arrive toujours pas à expliquer tout à fait — basse, ambrée, frappant l’eau du port à un angle qui donnait aux bateaux l’air d’être peints — et j’ai descendu jusqu’à la plage de Porthmeor pour rester là seul pendant vingt minutes avec le sentiment d’avoir trébuché sur le décor du rêve de quelqu’un d’autre. Les Cornouailles ont cette façon de faire. C’est un endroit qui se soucie peu de savoir si vous avez prévu quelque chose.
La péninsule s’étend vers le sud-ouest depuis l’Angleterre continentale et semble se trouver davantage elle-même à mesure qu’on avance. Falmouth possède un port actif avec des huîtres, du bon café et un musée maritime qui ne ressemble pas à une corvée. L’Eden Project, dômes improbables dans une ancienne carrière de kaolin près de St Austell, vaut vraiment la visite et surprend vraiment — l’une des rares attractions touristiques qui tient ses promesses. Mais l’âme des Cornouailles est dans les petites choses : le pasty cornish, avec sa croûte épaisse et tressée que les mineurs d’étain mangeaient en tenant le bord avec leurs mains sales avant de jeter la partie qu’ils avaient touchée ; la crème caillée sur un scone dans le bon ordre (la crème d’abord, puis la confiture, et que personne du Devon ne vous dise le contraire) ; les villages de pêcheurs comme Mousehole et Padstow où les jetées sont si proches qu’on peut les toucher des deux côtés. St Mawes, de l’autre côté de l’estuaire du Fal, est suffisamment calme en automne pour longer le promontoire du château et ne voir qu’eau et un voilier solitaire, avec la sensation que le comté vous fait une confidence.
Le sentier côtier — le South West Coast Path — est l’un des grands itinéraires de longue distance d’Europe, et les Cornouailles abritent les tronçons les plus saisissants. Le passage entre Zennor et St Ives traverse un promontoire qui ne ressemble en rien à l’Angleterre et qui ressemble en tout à l’extrémité du monde connu. Les maisons des machines des anciennes mines d’étain se dressent en ruine sur les falaises, rouge rouille contre le gris de l’Atlantique. C’était un paysage de travail dans la mémoire vivante, et ces ruines ne sont pas décoratives — elles sont des preuves.
Quand y aller : De mai à juin, ou de septembre à octobre. L’été amène toute la Grande-Bretagne avec lui, soit trop de monde pour une péninsule avec une seule route principale. Les saisons intermédiaires vous offrent la lumière, l’espace et la version des Cornouailles qui vit vraiment ici.
Ce que la plupart des guides ratent : Ils traitent les Cornouailles comme une destination balnéaire. Ce n’est pas le cas, ou pas principalement. Les plages sont belles mais l’eau est froide et le temps est imprévisible même en août. Venez pour le sentier côtier, la gastronomie, la lumière et ce sentiment particulier d’être dans un endroit qui a sa propre gravité — un lieu qui fait les choses à sa façon depuis avant même qu’Angleterre soit un concept.