The illuminated Pudong skyline reflected in the Huangpu River at night
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Shanghai

"La ville qui prouve que la Chine ne rattrape pas le futur — elle le construit."

Shanghai est de la vitesse rendue architecturale. Le Bund, le front de mer colonial le long du fleuve Huangpu, déploie un mur de façades Art déco et néoclassiques qui rappellent le passé jazz de la ville, tandis qu’en face, le skyline de Pudong — la Oriental Pearl Tower, la Shanghai Tower, la silhouette tire-bouchon du World Financial Centre — annonce un futur déjà advenu. Se tenir sur le Bund la nuit, regarder deux époques se faire face à travers l’eau sombre, est l’une des grandes expériences urbaines d’Asie. J’y étais le premier soir de mon arrivée, le vent du fleuve traversant ma veste, et une pensée m’a frappé dont je n’arrive plus à me défaire : c’est à ça que ressemble la confiance. Pas la confiance nerveuse et tapageuse des villes qui cherchent à prouver quelque chose, mais la certitude tranquille d’un endroit qui sait qu’il a déjà gagné.

The Bund waterfront and Pudong skyline illuminated at night

La Concession française

La Concession française est le quartier où l’on erre — des avenues bordées de platanes que les Français ont plantés il y a un siècle, des cafés installés dans des villas coloniales où les baristas font des pour-overs avec le sérieux de techniciens de laboratoire, des boutiques de créateurs chinois dont le travail tiendrait sa place dans n’importe quel arrondissement parisien, et une culture du brunch qui pourrait passer pour Melbourne ou Brooklyn, mais avec de meilleurs dumplings. J’ai arpenté ces rues pendant des heures, entrant dans des librairies, m’asseyant sur des bancs dans les petits squares, mangeant des nouilles à l’huile de cébette à un comptoir dont le seul menu était l’unique plat qu’ils perfectionnaient depuis quarante ans. Il y a quelque chose dans l’échelle de ces rues — l’échelle humaine, après l’assaut vertical de Pudong — qui rend Shanghai intime, presque tendre.

Tree-lined streets in Shanghai's French Concession neighbourhood

Yu Garden et la nourriture

Yu Garden, dans la vieille ville, propose du jardinage chinois classique en miniature — rocailles, pavillons, bassins de carpes koï et murs aux dragons entassés dans un espace qui paraît infini parce que chaque détour révèle une nouvelle perspective. Les xiao long bao de Din Tai Fung ou de n’importe laquelle des maisons de dumplings spécialisées relèvent de l’ingénierie — la soupe à l’intérieur du dumpling, la peau plissée qui la retient, le vinaigre pour tremper, la morsure prudente pour éviter de se brûler. J’en ai mangé quatorze dans un endroit près de Yu Garden dont je ne me rappelle plus le nom mais dont je n’oublierai jamais les dumplings. Et la vitesse de la ville, ce sentiment que tout est démoli et reconstruit simultanément, est soit exaltant soit épuisant selon le nombre d’heures de sommeil que vous avez. J’ai trouvé ça exaltant. Mais bon — j’avais dormi.

Classical Chinese garden architecture at Yu Garden

Quand y aller : Octobre et novembre pour un automne doux et des ciels dégagés. De mars à mai, le temps est agréable. Les étés sont extrêmement chauds et humides ; les hivers sont gris et humides.