Rangées de champs de fraises sur l'île d'Orléans avec le fleuve Saint-Laurent en arrière-plan
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Île d'Orléans

"Vingt minutes du centre-ville de Québec, et soudain on se retrouve dans un Québec agricole qui précède la ville elle-même."

Une île agricole du Saint-Laurent à quelques minutes de Québec, surnommée le berceau de l'Amérique française, où six paroisses historiques cultivent encore les meilleures fraises de la province.

Il faut environ vingt minutes pour aller en voiture du centre-ville de Québec jusqu’au pont menant à l’île d’Orléans, et dans ce court trajet le paysage remonte de deux ou trois siècles. Cette île du Saint-Laurent — 34 kilomètres de long, ceinturée d’une seule route qui en fait le tour — est l’endroit où certains des premiers colons français ont pris racine dans les années 1650, et on l’appelle souvent le « berceau de l’Amérique française », car tant de familles québécoises, et par extension de familles franco-américaines de toute la Nouvelle-Angleterre, peuvent retracer leur nom de famille jusqu’à l’une des paroisses d’origine de l’île. J’ai parcouru la route en boucle dans le sens antihoraire sur un coup de tête et je n’ai cessé de m’arrêter, non pas pour un unique spectacle spectaculaire, mais pour l’effet cumulé des maisons de ferme en pierre, des clochers d’église et des rangées de vergers descendant jusqu’au fleuve.

L’île reste, remarquablement, un paysage agricole en activité plutôt qu’un paysage préservé — les champs de fraises dominent les paroisses du sud, et en juin les kiosques en bord de route vendent des baies si mûres qu’elles sont pratiquement invendables ailleurs, vendues quelques heures à peine après la cueillette. Je me suis arrêté à un kiosque près de Saint-Laurent, j’ai acheté un panier encore chaud tout droit sorti du champ, et j’en ai mangé la majeure partie avant d’atteindre le village suivant, ce que le fermier tenant le kiosque a semblé trouver parfaitement prévisible.

Maison de ferme traditionnelle en pierre québécoise au toit pentu sur l'île d'Orléans

Six paroisses, une seule route

L’île se divise en six paroisses historiques — Sainte-Pétronille, Saint-Laurent, Saint-Jean, Saint-François, Sainte-Famille et Saint-Pierre —, chacune avec sa propre église, sa propre économie particulière et son propre sens de l’identité un peu propriétaire, ce qui m’a semblé très familier, ayant grandi parmi des villages français qui insistent tous que leur boulangerie est la meilleure de la région. Sainte-Pétronille, à la pointe ouest de l’île, offre la meilleure vue en direction de Québec et des chutes Montmorency de l’autre côté de l’eau, et fut historiquement la retraite estivale des familles les plus fortunées de la ville, ses maisons nettement plus imposantes que le reste de l’île. Saint-Jean, sur la rive sud, était historiquement le foyer des pilotes fluviaux qui guidaient les navires à travers les passages traîtres du Saint-Laurent, et ses maisons conservent encore une certaine formalité maritime.

Clocher d'église en pierre historique dans l'une des six paroisses de l'île d'Orléans

Cidre, cassis et un tempo plus lent

Au-delà des fraises, l’île a discrètement bâti une réputation de cidreries et d’un alcool de cassis produit dans une poignée de petites exploitations qui ont transformé des bâtiments de ferme en salles de dégustation. J’ai terminé ma journée dans une telle cidrerie sur la rive nord, verre de cidre de glace à la main, regardant le soleil se coucher sur des champs cultivés sans interruption depuis avant Louis XIV. La ligne d’horizon de Québec était visible au loin, et toute la scène semblait prouver qu’on n’a pas besoin d’aller loin pour avoir l’impression d’avoir traversé des siècles.

Quand y aller : Juin pour la saison des fraises à son apogée ; septembre pour la récolte des pommes et les dégustations de cidre, avec le bénéfice supplémentaire des vergers de l’île prenant leurs couleurs avant l’arrivée de la foule.