São Paulo est la ville que personne n’inscrit sur son itinéraire brésilien et que tout le monde regrette d’avoir manquée. Elle n’est pas belle au sens conventionnel du terme — c’est une mégapole de béton de vingt-deux millions d’habitants, avec une circulation qui met la philosophie à l’épreuve et une ligne d’horizon qui n’inspire aucune carte postale. Mais c’est, de loin, la meilleure ville gastronomique de l’hémisphère sud et l’une des meilleures de la planète. La population japonaise y est la plus importante hors du Japon, et les sushis le reflètent. La population italienne a bâti un quartier — Bela Vista — où la pizza rivalise avec Naples. La communauté libanaise produit des kibbeh et des sfiha que Beyrouth reconnaîtrait. Et sous tout cela, les traditions brésiliennes : la feijoada du samedi, les padarias qui servent le pão de queijo à l’aube, les churrascarias, les bols d’açaí, les coxinhas à chaque coin de rue.
Vila Madalena est le quartier créatif — art de rue, galeries indépendantes, bars artisanaux, et Mocotó, le restaurant de Rodrigo Oliveira qui célèbre la cuisine du Nordeste dans un centre commercial de quartier populaire. A Casa do Porco, dans le centre, est régulièrement classé parmi les meilleurs restaurants d’Amérique du Sud — le menu dégustation de porc est absurde dans le meilleur sens du terme.

La Pinacoteca est le plus beau musée d’art, installé dans un bâtiment du XIXe siècle. Le MASP sur l’Avenida Paulista possède la meilleure collection d’art européen de l’hémisphère sud, présentée sur les iconiques chevalets de verre de Lina Bo Bardi.

Liberdade, le quartier nippo-brésilien, est là où la culture gastronomique s’approfondit — boutiques de ramen, izakayas, bars à temaki, et un marché dominical qui est la meilleure expérience culturelle gratuite de la ville.
Quand y aller : D’avril à novembre. Les hivers de São Paulo (de juin à août) sont doux et secs — le temps idéal pour marcher. L’été (de décembre à mars) amène des orages l’après-midi.