Le Pantanal est la plus grande zone humide tropicale du monde — une étendue de la taille de l’Angleterre qui s’inonde de façon saisonnière, créant l’un des écosystèmes les plus riches en faune sauvage de la planète. À surface égale, c’est une meilleure destination animalière que l’Amazonie : le paysage ouvert permet de voir les animaux, plutôt que de les entendre dissimulés dans une canopée impénétrable. Jaguars, loutres géantes, caïmans, capybaras, aras hyacinthes, jabirus — la densité de faune visible ici rivalise avec celle de l’Afrique de l’Est.
Le pistage du jaguar est l’expérience phare, et le Pantanal nord (accessible depuis Cuiabá par la route Transpantaneira) est l’endroit idéal pour le pratiquer. Les safaris en bateau sur les affluents du fleuve Paraguay offrent les meilleures chances d’observation, en particulier de juillet à octobre, quand la saison sèche concentre les animaux le long des cours d’eau qui rétrécissent. Un avistamiento n’est pas garanti, mais les probabilités ici sont plus élevées qu’ailleurs sur la planète — certains lodges signalent des observations lors de plus de 90 % de leurs séjours de plusieurs jours.
La Transpantaneira — une piste en latérite surélevée de 147 kilomètres, traversée par 122 ponts de bois enjambant la zone humide — est un safari à elle seule. Parcourez-la lentement et vous verrez des caïmans se prélasser sur chaque berge, des capybaras brouter au bord de la route, des rapaces perchés sur chaque poteau. En saison sèche, les mares bordant la route concentrent des centaines d’oiseaux.

La randonnée à cheval à travers le Pantanal est la façon traditionnelle de le vivre — les pantaneiros locaux (cow-boys) arpentent ces marais à cheval depuis des siècles. Plusieurs lodges proposent des safaris équestres de plusieurs jours couvrant des terrains inaccessibles en véhicule.

Bonito, à la lisière sud, ajoute une tout autre dimension : des rivières d’une clarté extraordinaire où l’on peut faire du snorkeling parmi des centaines de poissons dans une eau si transparente qu’elle semble à peine exister.
Quand y aller : De juillet à octobre pour la saison sèche — concentration maximale de faune, accès facilité, pistage du jaguar à son apogée. La saison des pluies (de novembre à mars) inonde les plaines et rend une grande partie de la zone inaccessible, mais l’avifaune y est à son plus spectaculaire.