Da Nang
"La ville que le Vietnam construit pour son avenir — et elle est déjà extraordinaire."
Da Nang, c’est le nouveau Vietnam. Là où Hanoi est histoire et Saigon est frénésie, Da Nang est ambition rendue visible — une ville de ponts qui s’illuminent en couleurs la nuit, un front de mer qui court sur trente kilomètres sans interruption, et une skyline qui semble gagner une nouvelle tour chaque mois. Le fleuve Han divise la ville, et chaque pont qui le franchit est plus spectaculaire que le précédent : le Pont du Dragon crache du feu le week-end, ce qui est le genre de planification urbaine que seul le Vietnam oserait tenter.
Les ponts et la plage
Je suis arrivé à Da Nang au crépuscule et j’ai traversé le Pont du Dragon à pied pendant qu’il explosait en couleurs LED — or, puis vert, puis bleu, les six cents mètres du tablier se transformant en show lumineux tandis que les motos défilaient et que les familles se massaient sur les berges pour regarder. Les samedis et dimanches soir, la tête du dragon crache réellement du feu et de l’eau — un spectacle si glorieusement excessif qu’il ne pouvait naître que dans un pays où la frontière entre infrastructure et divertissement a été définitivement abolie. La plage de My Khe est le joyau de la ville : large, dorée, et étonnamment peu fréquentée pour une plage urbaine. J’y suis allé à six heures du matin et je l’ai partagée avec des surfeurs, des pêcheurs qui rentraient leurs filets, et quelques joggeurs qui avaient l’air de ne pas croire à leur chance de vivre ici.

Les Montagnes de Marbre
Les Montagnes de Marbre — cinq collines calcaires portant chacune le nom d’un élément — sont le genre d’endroit qui récompense celui qui prend son temps. La plupart des groupes de touristes y passent quarante-cinq minutes, gravissent l’escalier principal, jettent un coup d’œil au temple de la grotte et repartent. J’y ai passé une demi-journée, à explorer les grottes secondaires où la fumée d’encens dérive dans des colonnes de lumière, à grimper jusqu’à des belvédères d’où la côte s’étire vers le sud en direction de Hội An dans un voile de brume bleue, et à découvrir un sanctuaire bouddhiste dissimulé dans une caverne si vaste que les chants y résonnaient pendant plusieurs secondes avant de se fondre dans le silence. La relation des Vietnamiens avec ces montagnes n’est pas touristique — elle est dévotionnelle. Les gens viennent prier, brûler de l’encens, s’asseoir dans les grottes pour méditer. L’infrastructure touristique coexiste avec cette fonction sacrée, et aucune des deux n’amoindrit l’autre.

Les fruits de mer
Ba Na Hills, le complexe de montagne accessible par téléphérique, abrite le Pont d’Or, soutenu par d’immenses mains de pierre qui sont devenues l’une des structures les plus photographiées d’Asie. C’est délibérément théâtral, et j’ai adoré. Mais le vrai Da Nang se vit au niveau de la mer, le long de l’avenue de la plage où les restaurants de fruits de mer se succèdent épaule contre épaule — palourdes grillées aux cacahuètes et oignons verts, crevettes à l’ail et au beurre de la taille d’une main, calamars farcis au porc grillés au charbon de bois, le tout arrosé de bière Larue bien froide à des prix qui semblent être une erreur comptable. J’ai mangé jusqu’à ne plus pouvoir bouger, payé moins que pour une seule entrée dans un bistrot parisien moyen, et je suis rentré à pied le long de la plage sous un ciel si chargé d’étoiles qu’on aurait dit que quelqu’un les avait renversées.
Quand y aller : De février à mai pour profiter du temps sec et de la mer chaude. La saison des typhons, de septembre à décembre, amène de fortes pluies et des tempêtes occasionnelles.