Pink and gold dawn light sweeping across the granite summit of Cadillac Mountain, with the island-dotted waters of Frenchman Bay glowing below.
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Parc National Acadia

"Le mont Cadillac mérite la première lumière — et chaque minute de la montée pour y parvenir."

Le réveil a sonné à 3h47 du matin dans une chambre louée sur l’île de Mount Desert, et je suis resté allongé une longue minute à écouter la corne de brume quelque part sur la baie de Frenchman, à remettre en question chaque décision qui m’avait conduit jusque-là. Puis Lia s’est retournée, déjà dans sa polaire, et a dit allons-y — et c’était dit.

Le Sommet Avant le Soleil

La route qui monte au mont Cadillac est une spirale de 5,6 kilomètres de granit sombre et d’air froid. Nous l’avons parcourue en silence, les phares trouant le brouillard atlantique, ce type de brouillard qui sent le sel et la pierre froide et quelque chose de vaguement marin qu’on n’arrive jamais tout à fait à nommer. Sur le parking au sommet, une petite foule s’était déjà rassemblée — des couples en doudounes, deux hommes plus âgés avec des trépieds sérieux — tous tournés vers l’est, vers l’horizon atlantique invisible. Ce que personne ne vous dit, c’est combien il faut attendre. On reste là debout dans le vent à 465 mètres d’altitude et on attend, pendant que le ciel accomplit ce travail lent et impossible, passant du noir à l’indigo, puis à un violet meurtri qui fait un peu mal à regarder. Puis le premier éclat de soleil franchit l’horizon, et en cet instant Acadia reçoit vraiment la première lumière de n’importe quel endroit du territoire continental des États-Unis. Je me suis senti absurdement ému par un fait lu sur un panneau du service des parcs.

Thunder Hole et les Carriage Roads

En milieu de matinée, nous étions redescendus dans l’intérieur du parc, suivant les anciens carriage roads que John D. Rockefeller Jr. avait fait construire dans les années 1930 — 72 kilomètres de chemins en pierres cassées, sans véhicules motorisés, bordés de ponts en pierre taillée à la main qui enjambent des lits de ruisseaux encore froids après les pluies de la semaine précédente. Nous avons loué des vélos chez Acadia Bike sur Cottage Street à Bar Harbor et passé trois heures sur ces chemins sans croiser une seule voiture. Les bouleaux faisaient cette chose de fin septembre où le jaune est presque violent.

Nous nous sommes arrêtés à Thunder Hole sur la Park Loop Road, là où l’Atlantique se force dans une étroite fissure de granit avec un bang percutant qu’on ressent dans la poitrine avant de l’entendre. Ce qui m’a surpris : les embruns nous ont atteints depuis six mètres, et pendant un instant j’ai goûté l’océan sur mes lèvres en me tenant sur de la roche solide. Cette collision — la terre et la mer qui se battent à courte distance — c’est tout l’argument d’Acadia en miniature.

Bar Harbor au Crépuscule

De retour à Bar Harbor, nous avons mangé des lobster rolls chez Thurston’s Lobster Pound de l’autre côté du pont à Bernard — pas le front de mer touristique, mais le quai de travail, plateaux en plastique, serviettes en papier, les bateaux rentrant encore au port. La chair était douce et froide et nous avons mangé debout à une table de pique-nique pendant que la lumière virait à l’or sur Southwest Harbor.

Quand y aller : De fin septembre à mi-octobre pour les couleurs d’automne sur les carriage roads et des températures plus fraîches au sommet. Éviter juillet et août si possible — la Park Loop Road devient une lente procession de voitures de location, et la magie des premières heures du matin est plus difficile à saisir.