A misty Northumberland forest of dense Sitka spruce stretching to the horizon above the glassy surface of Kielder Water at dusk, the treeline reflected perfectly in the still reservoir below a bruised purple sky
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Forêt de Kielder

"Pas de pollution lumineuse à des kilomètres à la ronde. La Voie lactée est vraiment laiteuse."

Je ne m’attendais pas à me sentir petit en Angleterre. J’avais traversé des déserts, me suis tenu au bord de canyons, j’ai regardé le Pacifique avaler le soleil — mais c’est un parking au bord de Kielder Water, un mercredi de novembre, sans le moindre être humain alentour, qui m’a finalement fait comprendre à quoi ressemble l’absence.

Kielder n’est pas l’Angleterre des cartes postales. Pas de toits de chaume, pas de places de village. Ce sont 250 miles carrés de plantation d’épicéa de Sitka, un réservoir de la taille d’une petite mer, et une obscurité si totale que, par nuit claire, la Voie lactée cesse d’être une métaphore pour devenir une traînée blanche littérale sur le ciel.

La forêt au ras du sol

Nous sommes arrivés par la C200, l’unique route qui longe la rive nord de Kielder Water, et nous nous sommes arrêtés quelque part près de Leaplish Waterside Park parce que Lia voulait sortir et écouter. Elle avait raison d’insister. La forêt a une acoustique particulière — la canopée d’épicéas absorbe le vent plutôt que de l’amplifier, si bien que le silence n’est pas vraiment du silence, plutôt une sorte de bourdonnement amorti, comme si le monde tournait au ralenti. L’odeur est celle de la résine âcre, de la tourbe froide et de quelque chose de vaguement minéral venant de l’eau. Nous sommes restés là plus longtemps que de raison.

Le sentier de rive près du centre de visiteurs de Tower Knowe récompense le marcheur patient. Le réservoir contient 200 milliards de litres d’eau et, par temps calme, repose si immobile que la ligne des arbres se double parfaitement à la surface. Je n’arrêtais pas de photographier le reflet, convaincu qu’il était plus réel que l’original.

L’observatoire et ce qui s’est passé à 2 heures du matin

L’observatoire de Kielder est perché sur Black Fell, à quelques minutes en voiture du village de Kielder, et organise des séances publiques d’observation astronomique qui affichent complet des semaines à l’avance. Nous y sommes allés notre deuxième soir, emmitouflés dans tout ce que nous possédions.

Ce que je n’avais pas anticipé, c’est que le froid puisse faire du bruit. Je le dis au sens propre — à -4°C, immobile sur la lande, j’entendais ma veste craquer à chaque respiration. Puis l’un des astronomes a pointé le télescope principal sur la galaxie d’Andromède et m’a dit que la lumière entrant dans mon œil voyageait depuis 2,5 millions d’années. J’ai ensuite levé les yeux à l’œil nu et j’ai compris pour la première fois pourquoi les peuples anciens ont bâti des religions entières autour du ciel. Ce n’était pas mystique. C’était simplement la réponse juste à l’information.

Un lieu construit sur l’eau

Le réservoir a été créé en 1982, inondant la vallée du North Tyne et déplaçant des communautés agricoles. Cette histoire repose discrètement sous les activités de loisirs d’aujourd’hui — les kayaks en location à Leaplish, les pistes cyclables, les familles qui jettent du pain aux canards. J’ai trouvé étrange et émouvant de pagayer sur une eau qui recouvre les anciens champs de quelqu’un.

Quand y aller : L’automne et l’hiver offrent les ciels les plus dégagés pour l’observation des étoiles ; d’octobre à février, les nuits sont les plus longues et les conditions à l’observatoire sont optimales. L’été est plus verdoyant, mais les nuits courtes limitent considérablement la visibilité des étoiles.