The white travertine thermal terraces of Pamukkale cascading down the hillside
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Pamukkale

"L'architecture de la nature, perfectionnée au fil des millénaires."

Pamukkale signifie « château de coton », et de loin, les terrasses blanches de travertin ressemblent effectivement à quelque chose de filé plutôt que de déposé — dix-sept bassins thermaux qui dégringolent le long de la colline, remplis d’eau minérale tiède qui se calcifie en ces formations impossibles depuis des millénaires. Je suis arrivé au coucher du soleil, quand les cars d’excursion étaient repartis et que les terrasses étaient presque vides, et j’ai marché pieds nus sur la pierre lisse et chaude pendant que l’eau coulait sur mes pieds et que le ciel virait de l’or au rose dans les bassins minéraux. C’est une de ces expériences que la photographie ne peut pas tout à fait restituer — la texture sous les pieds, la chaleur de l’eau, le silence d’un paysage qui semble appartenir à une autre planète.

Les terrasses ont souffert de décennies de mauvaise utilisation touristique — des hôtels y ont été construits dessus, des chaussures ont raclé les dépôts — mais un effort de restauration les a remarquablement ressuscitées. Les bassins ouverts aux visiteurs sont rotatifs pour permettre la régénération, et marcher sur les chemins balisés pieds nus (les chaussures sont interdites) est à la fois une mesure de conservation et un plaisir sensoriel.

The gleaming white travertine terraces of Pamukkale filled with thermal water

Hiérapolis et la Piscine Antique

Au sommet se trouve Hiérapolis, une cité gréco-romaine bâtie il y a deux mille ans pour exploiter ces mêmes eaux thermales. Les ruines sont étendues — une rue à colonnades, une nécropole immense avec plus de douze cents tombeaux (l’une des plus grandes du monde antique), un théâtre admirablement conservé dont la façade de scène tient encore sur deux étages. Les Romains avaient compris ce que chaque influenceur moderne du bien-être est encore en train de découvrir : que l’eau thermale est thérapeutique, et que la meilleure façon d’en profiter est d’être entouré d’une architecture qui vous fait sentir que l’instant compte.

Le point d’orgue est la Piscine Antique, où l’on nage parmi des colonnes romaines englouties dans une eau naturellement chauffée à trente-six degrés. Les colonnes sont tombées lors d’un tremblement de terre et sont restées là où elles ont atterri, et on flotte désormais au-dessus de marbre cannelé taillé quand Rome était encore un empire. J’y ai nagé pendant une heure, dérivant entre les colonnes, l’eau tiède dégageant une légère odeur minérale, en me disant : c’est le plus vieux spa encore en activité sur terre, et il coûte douze euros.

Ancient ruins of Hierapolis overlooking the travertine landscape

La ville voisine de Denizli est fonctionnelle plutôt que charmante, mieux vaut donc loger dans le village en hauteur pour accéder aux terrasses au lever et au coucher du soleil. La différence entre Pamukkale à midi avec trois cents touristes et Pamukkale à l’aube avec cinq, c’est la différence entre visiter une merveille et la vivre.

Quand y aller : D’avril à mai ou de septembre à octobre. Privilégiez le petit matin ou la fin d’après-midi, quand les terrasses brillent d’or et que les foules sont ailleurs.