The ornate facade of the Library of Celsus at the ancient ruins of Ephesus
← Turkey

Éphèse

"Le chef-d'œuvre de Rome, bâti sur des fondations grecques."

Éphèse est l’un de ces rares sites archéologiques qui n’exigent pas d’imagination pour être compris — l’échelle se suffit à elle-même. J’y suis arrivé à l’heure d’ouverture un mardi d’avril, et pendant les quarante premières minutes j’ai eu les rues de marbre presque pour moi seul. La Bibliothèque de Celse, avec sa façade à deux étages de colonnes et de figures sculptées représentant la sagesse, le savoir, l’intelligence et la vertu, est l’une des plus belles structures romaines encore debout. Elle a été construite comme un tombeau — Celse y est enterré en dessous — et comme une bibliothèque qui abritait jadis douze mille rouleaux. Se tenir devant elle dans la lumière du matin, quand la pierre irradie une chaleur dorée et que les ombres sont encore longues, on comprend pourquoi les Romains construisaient non seulement pour être utiles, mais pour éblouir.

La rue de marbre qui mène à la bibliothèque est creusée d’anciennes ornières de chars, bordée de colonnes, et se termine à un amphithéâtre de vingt-cinq mille places où saint Paul prêcha autrefois et où l’acoustique porte encore un murmure jusqu’au dernier rang. J’ai testé cela avec une autre visiteuse — elle se tenait en haut, je parlais à voix normale depuis la scène, et elle entendait chaque mot. L’ingénierie n’est pas décorative. Elle est précise.

The ancient ruins and columns of Ephesus stretching into the distance

Les Maisons en terrasse et au-delà

Au-delà des ruines phares, le site se déploie avec une intimité domestique. Les Maisons en terrasse — les appartements de luxe de l’Éphèse romaine — ont conservé leurs sols de mosaïque, leurs murs de fresques et même des graffitis antiques. Une pièce abrite une fresque représentant Socrate ; une autre, un sol en mosaïque figurant les saisons avec un détail qui mettrait au défi un carreleur contemporain. C’étaient les demeures des riches, et en les traversant — les systèmes de chauffage par le sol, les latrines privées, les jardins à cour — on comprend que le confort domestique romain n’était pas si différent du nôtre. Ils ont simplement construit pour que ça dure plus longtemps.

À proximité, le Temple d’Artémis ne subsiste plus que sous la forme d’une unique colonne reconstruite, rappel humiliant qu’une des Sept Merveilles du monde antique peut être réduite à des décombres par le temps et la récupération des pierres. La ville voisine de Selçuk offre un excellent musée archéologique et, sur une colline boisée au-dessus, la prétendue dernière demeure de la Vierge Marie, où l’air sent le pin et la vue s’étend jusqu’à la mer Égée.

The grand amphitheatre of Ephesus with its tiered stone seating

Quand y aller : Au début du printemps ou à la fin de l’automne, pour arpenter les rues de marbre sans se battre contre les excursions de paquebots de croisière en provenance de Kusadasi. Arrivez à l’heure d’ouverture pour une quasi-solitude. Le soleil de midi en été rend les ruines exposées inconfortables — les Romains avaient de l’ombre ; les ruines, non.