The old harbor of Antalya with traditional houses and mountains in the background
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Antalya

"L'endroit où les montagnes ont décidé d'aller se baigner."

Antalya est la porte d’entrée de la côte turquoise de Turquie, mais elle mérite bien plus qu’une simple étape de transit. J’avais prévu d’y rester deux jours, j’en ai passé quatre, et je suis reparti avec le sentiment de n’avoir fait qu’effleurer la surface. Le vieux quartier de Kaleici est un dédale de maisons ottomanes aux balcons en bois sculpté, dissimulé derrière la porte d’Hadrien — un arc de triomphe romain qui se dresse toujours au milieu de la circulation moderne, qui fait toujours office d’entrée, et qui donne encore l’impression que tous les bâtiments autour de lui ne sont que provisoires. Le vieux port en contrebas abrite des gulets en bois qui se balancent dans une eau si claire qu’on voit les chaînes d’ancre sur le fond, et le parc en haut de la falaise offre un coucher de soleil qui transforme les montagnes Beydaglari du vert à l’or puis au violet en l’espace de vingt minutes.

La cuisine de Kaleici m’a surpris. Je m’attendais à la restauration touristique habituelle — grillades hors de prix et mezzés génériques — mais un restaurateur prénommé Mehmet m’a orienté vers les mantı de sa mère, ces minuscules raviolis turcs noyés dans un yaourt à l’ail et un beurre épicé, ainsi qu’une salade piyaz de haricots blancs, tahin et œufs qui est la spécialité d’Antalya — et que j’essaie de reproduire à la maison depuis, sans succès.

The old town and harbor of Antalya with Mediterranean waters below

La côte et les ruines

Le littoral environnant est à couper le souffle. La voie lycienne, l’un des grands sentiers de randonnée au long cours dans le monde, démarre à proximité et longe d’anciens chemins au bord des falaises au-dessus de criques cachées. Inutile de parcourir les cinq cents kilomètres en entier — même une journée de randonnée de Cirali jusqu’aux flammes éternelles de Chimaera, où du gaz naturel s’échappe de la montagne et brûle en petites flammes qui sont allumées depuis l’Antiquité, suffit à comprendre pourquoi cette côte était sacrée pour les anciens.

La plage de Konyaalti s’étire à l’ouest de la ville, sous des montagnes qui s’élèvent à près de deux mille mètres directement depuis le rivage. À l’est, les ruines de Perge et d’Aspendos — cette dernière abritant un théâtre romain si bien conservé qu’il accueille encore des spectacles, son acoustique intacte après deux millénaires — prouvent que cette bande de côte était aussi prisée dans l’Antiquité qu’aujourd’hui. Le théâtre d’Aspendos peut accueillir quinze mille spectateurs et n’a besoin d’aucun micro. J’ai regardé une répétition depuis le rang du haut et j’entendais chaque pas sur la scène.

The turquoise Lycian coast with dramatic cliffs and Mediterranean waters

Quand y aller : Mai à juin ou septembre à octobre. Le climat méditerranéen prolonge la saison de baignade, mais la chaleur de milieu d’été peut être redoutable. Les fleurs sauvages printanières sur la voie lycienne sont extraordinaires.