Neon signs and bustling crowds in a Seoul nightlife district with mountains behind
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Séoul

"Une ville qui tourne au kimchi, à l'ambition et à la conviction que la tradition et l'innovation ne font qu'un."

Séoul est une ville qui contient des siècles sans contradiction. Le palais Gyeongbokgung se dresse au pied du mont Bukhansan, ses cours et ses salles du trône datant du XIVe siècle, tandis que le quartier de Gangnam étincelle de l’architecture hypermoderne d’une ville qui se réinvente à chaque décennie. Le contraste ne choque pas — c’est tout l’intérêt. Séoul a toujours été une ville de strates, et les dépecer est le plaisir même d’être ici.

Je suis arrivé un mardi soir et me suis plongé directement dans le chaos de Myeongdong, qui est le genre de quartier qui existe à un niveau sonore que le reste du monde n’a pas encore découvert. Chaque surface brille. Chaque devanture rivalise avec celle d’à côté pour attirer l’attention. Et quelque part au milieu de tout ça, une femme faisait griller des hotteok sur un chariot, les crêpes sucrées crépitant dans l’huile, et leur odeur seule suffisait à me convaincre que j’avais fait le bon choix en venant ici. J’en ai acheté deux. Elles étaient parfaites — croustillantes, fondantes de sucre brun et de graines, mangées debout sur un trottoir pendant que la ville grondait autour de moi.

Neon-lit streets of Seoul at night

La nourriture est implacable et extraordinaire. Le barbecue coréen à Mapo-gu, où l’on fait griller soi-même sa poitrine de porc sur du charbon de bois et où le ssamjang, l’ail et le radis mariné arrivent en quantités qui laissent penser que la cuisine a confondu votre table avec un banquet. Des tteokbokki achetés à un chariot de rue — ces boulettes de riz mâchues dans une sauce si rouge et si épicée que les lèvres s’engourdissent et qu’on en commande une autre portion quand même. Un festin complet de banchan dans un restaurant familial de Jongno où huit accompagnements arrivent avant le plat principal, et chacun d’eux est parfait. J’ai mangé à Paris, à Mexico, à Tokyo. Séoul mérite sa place dans cette conversation, sans la moindre réserve.

Traditional palace architecture with Seoul's skyline behind

Le village hanok de Bukchon offre une promenade entre des maisons aux toits de tuiles traditionnels avec vue sur le palais en contrebas — c’est touristique, certes, mais à sept heures du matin, avant que n’arrivent les foules en hanbok de location, les ruelles étroites entre les toitures hanok ressemblent à un passage vers un Séoul qui existe encore, pour peu qu’on sache quand regarder. Hongdae vibre d’énergie étudiante, de musique live et d’une vie nocturne qui commence à onze heures du soir et considère l’aube comme une heure de clôture raisonnable. Je me suis retrouvé dans un bar de jazz en sous-sol à deux heures du matin, à boire du soju en écoutant un trio jouer Coltrane avec une précision qui aurait impressionné Coltrane lui-même.

La tour Namsan au coucher du soleil est un cliché, et je m’en moque. La lumière sur la ville à cette heure-là transforme le fleuve Han en un ruban d’or, et les cadenas d’amour sur la terrasse racontent mille histoires en mille langues, et pendant quelques minutes la démesure de Séoul — cette ville de dix millions d’habitants, ce moteur de culture, de commerce et de poulet frit — devient quelque chose qu’on peut presque tenir dans ses mains.

Korean street food stall with vibrant dishes

Le marché Gwangjang mérite son propre paragraphe, et probablement son propre essai. Le plus vieux marché en activité de Corée est un labyrinthe d’étals vendant de tout, de la soie aux bindaetteok — des crêpes de haricots mungo frites devant vous par des femmes qui font ça depuis des décennies et dont la technique est si rodée qu’elle ressemble à de la chorégraphie. Les mayak gimbap — de petits rouleaux de riz addictifs dont le nom signifie littéralement « kimbap-drogue » — sont à la hauteur de leur réputation. J’y suis allé deux fois. J’aurais dû y aller trois fois.

Quand y aller : De septembre à novembre pour un temps d’automne frais et un feuillage spectaculaire. Le printemps (avril-mai) apporte les cerisiers en fleur. Les étés sont chauds et humides ; les hivers sont mordants, mais magnifiques sous la neige.