Colorful houses of Gamcheon Culture Village cascading down a hillside in Busan
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Busan

"Séoul a le vernis — Busan a l'âme."

Busan, c’est la ville où les Coréens vont respirer. Coincée entre les montagnes et la mer sur la côte sud-est, elle dégage une énergie plus décontractée et plus salée que la capitale — une assurance de ville portuaire forgée par des siècles tournés vers le large. Le village culturel de Gamcheon peint un flanc de colline entier en pastels et en street art, et se promener dans ses ruelles et ses escaliers étroits donne l’impression de déambuler à l’intérieur d’un tableau où chaque coin de rue révèle une nouvelle couleur, une nouvelle fresque, un nouveau chat endormi au soleil sur un rebord de fenêtre.

Le marché aux poissons de Jagalchi est le plus grand de Corée, un festival sensoriel de poulpes vivants, de coquillages grillés et d’ajummas qui fileront votre achat et vous le serviront en sashimi sur place. Je me suis installé à une table en plastique au deuxième étage, j’ai pointé du doigt un poisson dont je ne connaissais pas le nom, et dix minutes plus tard il était dans mon assiette — émincé, disposé en éventail, accompagné de gochujang, de feuilles de perilla et d’un bol de maeuntang, la soupe de poisson épicée préparée à partir des arêtes. L’addition était inférieure à celle d’un déjeuner médiocre à Paris. La qualité, elle, n’avait rien de médiocre. La qualité était extraordinaire.

Busan's dramatic coastline with beaches and cliffs

La plage de Haeundae est le fleuron de la ville, un grand croissant de sable cerné de gratte-ciel et grouillant de vie en été. Mais c’est la promenade côtière de Haeundae à Songjeong, le long du sentier de Haedong Yonggungsa, que Busan révèle son côté sauvage : chemins sur les falaises, un temple perché sur les rochers au-dessus des vagues, et des panoramas qui font comprendre pourquoi les Coréens considèrent cette ville comme leur deuxième en rang mais pas en beauté. Haedong Yonggungsa lui-même est l’un des rares temples de Corée bâtis directement sur l’océan, et y arriver à l’aube, quand les bateaux de pêche prennent le large et que la lumière glisse sur l’eau en nappes argentées, est l’un de ces instants qui vous réconcilie avec les levers tôt.

Busan's fresh seafood market with colourful displays

Le quartier BIFF — du nom du Festival international du film de Busan — est l’endroit où la ville mange après la tombée de la nuit. Les ssiat hotteok, ces crêpes sucrées farcies de graines qui sont une invention de Busan, sont vendus à la sortie de chariots le long de l’allée BIFF, et la queue est toujours longue parce que les crêpes en valent toujours la peine. Le marché Gukje, juste à côté, vend de tout, des vêtements vintage aux calmars séchés en passant par les nouilles artisanales, et les bibim dangmyeon — vermicelles de verre froids mélangés à des légumes et du gochujang — sont le plat auquel je pense quand je pense à Busan, ce qui est plus souvent que je ne l’aurais prévu.

Le Jukseong Dream Rail, un vélo-rail à pédales qui longe la côte sur d’anciennes voies ferrées, est le genre d’expérience qui ressemble à un attrape-touristes et qui s’avère en réalité merveilleuse. Les rails épousent le rivage, la brise vient de la mer, et pendant vingt minutes on avance dans un paysage si photogénique qu’on croirait que quelqu’un l’a conçu exprès pour notre plaisir. Ce n’est pas le cas. Busan ressemble simplement à ça.

Busan's coastal landscape at golden hour

J’ai donné trois jours à Busan, ce que les guides de voyage jugent généreux. Ce n’était pas suffisant. La ville a un rythme qu’il faut du temps à trouver — plus lent que Séoul, lié aux marées, aux bateaux de pêche et à la lumière sur l’eau — et une fois qu’on l’a trouvé, partir semble prématuré.

Quand y aller : De septembre à novembre pour des journées chaudes, un ciel dégagé et une baignade agréable. Le Festival international du film de Busan en octobre apporte une énergie culturelle supplémentaire. Les étés sont chauds et sujets à la mousson.