Des maisons blanchies à la chaux, un port longé par une corniche, et le parfum du souq de Muttrah au crépuscule.
Il y a une qualité particulière dans la lumière de Mascate juste avant que l’azan ne sonne depuis la mosquée Al-Khawr — quelque chose entre l’ambre et la couleur os, qui se pose à plat sur les murs blanchis à la chaux de Muttrah comme s’il n’avait nulle part ailleurs où aller. Je me suis arrêté sur la corniche, les mains dans les poches, et j’ai compris pour la première fois ce que les gens veulent dire quand ils disent qu’une ville porte sa dignité.
Le Souq au Crépuscule
Le souq de Muttrah est l’un des plus anciens marchés du monde arabe, et son odeur en est la preuve. L’encens brûle dans des encensoirs en laiton près de chaque entrée — non pas pour le théâtre touristique, mais parce qu’il en a toujours été ainsi. J’ai suivi Lia dans l’arcade couverte de la rue Al Mina, devant des pièces de laine du Cachemire et des pyramides de limes séchées, jusqu’à ce qu’on se perde complètement l’un l’autre et qu’on s’accorde, sans un mot, que c’était là la bonne façon de vivre l’endroit.
Ce qui m’a arrêté, c’était un étal vendant des dagues Khanjar en argent — les lames courbes qui figurent sur le drapeau omanais — disposées dans une vitrine avec le soin réservé aux pièces de musée. Le marchand, un homme âgé en dishdasha blanche, ne m’a pas pressé d’acheter. Il a simplement sorti l’une d’elles et m’a laissé en soupeser le poids. Cette retenue avait quelque chose d’un luxe en soi.
Le Long de la Corniche
La corniche de Muttrah s’incurve sur environ trois kilomètres le long de l’eau, bordée de palmiers dattiers et de quelques dhows en bois qui se préparent pour la traversée nocturne. En la longeant au crépuscule, les forts Al Mirani et Al Jalali encadrent le vieux port depuis leurs promontoires opposés — des bastions portugais du XVIe siècle que Mascate a absorbés et faits siens, à la manière dont elle semble tout absorber sans en faire tout un plat.
Je m’attendais à des boutiques de souvenirs et des cartes postales. Ce que j’ai trouvé à la place, niché derrière le marché aux poissons près de l’entrée du port, c’était un petit salon de thé où des pêcheurs buvaient du chai karak dans des verres sans anse. Je me suis assis. Personne n’a demandé pourquoi. Le chai était chargé en cardamome et sucré d’une façon qui rendait la conversation superflue.
Les Vieux Quartiers
Au-delà du souq, l’ancien quartier résidentiel d’Al Waljat se replie en ruelles larges pour un âne, peut-être deux personnes minces. Les portes ici sont en bois sculpté, souvent indigo ou terracotta, à charnières d’anneaux de fer. Le silence y est profond dans une ville qui bourdonne par ailleurs de trafic et de grues de construction le long du boulevard plus récent de la rue Sultan Qaboos. Mascate garde son moi le plus ancien à l’écart de la grand-route — ce qui est peut-être tout le propos.
Quand y aller : D’octobre à mars, quand les températures oscillent entre 20 et 28 °C et que les soirées sur la corniche sont franchement agréables. Éviter juin à août — l’humidité du golfe d’Oman transforme l’air en quelque chose de presque solide.