White and pink apple blossoms in full bloom along the banks of Hardangerfjord, with snow-capped mountains rising steeply behind the water and a traditional red farmhouse half-hidden among the trees.
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Hardangerfjord

"Le Hardangerfjord en saison des fleurs plaide pour la Norvège d'une façon que la neige seule ne saurait faire."

J’avais anticipé le froid. La Norvège en mai le conserve encore — une morsure dans l’air venu de l’eau qui vous fait douter d’avoir bien lu le calendrier. Ce que je n’avais pas prévu, c’était l’odeur : quelque chose entre le sucre et la pierre mouillée, assez sucrée pour paraître incongrue à cette latitude, s’échappant des vergers qui bordent le bras du Sørfjord en vagues si denses qu’elles semblent presque comestibles.

Les vergers de Lofthus

Le village de Lofthus occupe une étroite bande de terre entre le fjord et la paroi de la montagne, et dans la deuxième semaine de mai il devient quelque chose que l’on dirait tiré d’un conte inventé pour expliquer pourquoi les gens restent dans les endroits difficiles. Les pommiers le long de la Lofthusavegen fleurissent simultanément, leurs branches si chargées de fleurs blanches et rose pâle que la lumière qui les traverse en fin d’après-midi devient douce et diffuse, comme regarder à travers une gaze. Lia s’est arrêtée sous l’un des vieux arbres et n’a rien dit pendant un long moment, ce qui chez elle est un signe certain que quelque chose a opéré.

Nous avons dîné ce soir-là à l’Hardanger Hotel — un agneau local accompagné d’une sauce construite autour du cidre que la région produit avec ces mêmes pommes, acidulé et minéral, portant en lui un vague goût de l’air du fjord. C’était la première fois que je comprenais qu’un paysage pouvait avoir une saveur.

Vøringsfossen et la route vers Eidfjord

La cascade de Vøringsfossen dégringole 182 mètres dans la gorge de Måbødalen, et aucune photographie n’en rend vraiment compte. La brume monte contre la paroi rocheuse en colonnes mouvantes, le son oscille entre le tonnerre et le bruit blanc, et l’échelle ne s’impose vraiment à l’esprit que lorsqu’on remarque que la rambarde du belvédère fait la taille d’un cure-dent face à la chute. La route qui descend depuis le plateau de Hardangervidda vers Eidfjord serpente à travers une série de tunnels et d’épingles à cheveux qui semblent conçus pour prolonger le suspense.

Ce qui m’a surpris, c’est le silence dès que je me suis éloigné de quelques centaines de mètres du belvédère principal. Un sentier longeant le bord de la gorge, à peine balisé, où le bruit de l’eau devenait fond sonore plutôt que torrent envahissant, et où j’ai découvert une cavité dans la roche remplie de feuilles de l’an passé et un unique plant de fraise des bois, ridiculement précoce, déjà en fleur.

Notes pratiques

La traversée en ferry entre Brimnes et Bruravik dure six minutes et ne coûte presque rien, et c’est l’un des six minutes les plus agréables qu’on puisse vivre dans cette partie du monde — une eau couleur de jade froid, des montagnes sur trois côtés, le genre de traversée qui rend un fjord navigable plutôt que seulement pittoresque.

Quand y aller : La fenêtre de floraison des pommiers s’étend approximativement de la deuxième semaine de mai au début juin, avec un pic autour du 15 mai la plupart des années — consultez les prévisions locales de floraison du Hardanger, publiées chaque année par l’office de tourisme. Juillet offre plus de lumière et facilite la randonnée, mais perd entièrement la douceur pastorale extraordinaire du printemps.