Shallow turquoise Caribbean water lapping against a white sand beach lined with coconut palms on Big Corn Island, Nicaragua, under a wide blue sky
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Corn Islands

"Big Corn va si lentement que le homard a le temps d'être frais avant d'arriver dans votre assiette."

Le petit avion à hélices de La Costena passe sous les nuages et soudain elle est là — une tache verte cerclée de turquoise, posée dans les eaux caribéennes avec rien entre elle et la Jamaïque qu’un millier de kilomètres de mer vide. J’avais passé deux jours à traverser Managua et Bluefields juste pour atteindre cette porte d’embarquement, et je n’étais toujours pas certain que ça en valait la peine. Ça en valait la peine.

Le poids de l’arrivée

La plupart des gens abandonnent avant Big Corn. La route terrestre via Bluefields implique un bus, un bateau sur le lagon, et une pension qui sent la moisissure et la graisse de ventilateur. Le vol dure trente minutes et coûte une quarantaine de dollars. Dans les deux cas, l’effort est le propos. L’île sélectionne ses visiteurs par la patience. Les touristes qui arrivent ont tendance à rester plus longtemps que prévu, ralentissant pour s’accorder au rythme des lieux, où les pêcheurs relèvent leurs casiers à homard aux premières lueurs du matin devant Southwest Bay et où personne ne semble perturbé par l’absence de programme.

Brig Bay, le bourg principal, c’est une rue de maisons en bois peint, quelques petites épiceries, et un embarcadère où le ferry hebdomadaire depuis le continent décharge du riz, du gaz de cuisine, et parfois une moto. L’odeur est celle du gasoil, du sel, et de quelque chose de floral que je n’ai jamais identifié — un arbre près de l’eau qui fleurissait discrètement toute la semaine.

Du homard pour le prix d’une location de scooter ailleurs

C’est Lia qui a trouvé le restaurant, comme d’habitude. Une femme prénommée Miss Ingrid tient quelques tables en plastique sous un toit en tôle ondulée près de la plage de Picnic Center — pas d’enseigne, pas de menu affiché. On lui demande ce qu’elle a, elle répond homard. Il arrive fendu et grillé sur des coques de noix de coco, avec du riz et des haricots cuits dans du lait de coco, et un quartier de citron vert. Nous y avons mangé trois soirs de suite pour environ huit dollars chacun.

La découverte inattendue est venue le deuxième jour : en faisant du snorkeling à la pointe nord-est de l’île, au-delà du tombant du récif, je me suis retrouvé au milieu d’un banc de carangues si dense qu’on ne voyait pas à travers. Ils se sont écartés autour de moi avec une indifférence totale, flashant argenté dans l’eau verte, et pendant quatre-vingt-dix secondes j’ai oublié tout ce à quoi je pensais.

Le récif ici est encore largement intact. Les jardins de coraux au large de Sally Peachie, à l’autre bout de l’île, sont assez peu profonds pour être explorés sans bouteille, et assez vivants pour que le continent semble très loin — ce qu’il est.

Comment le temps s’écoule

Au troisième jour, j’avais arrêté de regarder mon téléphone pour savoir l’heure. Big Corn a une cadence qui s’impose qu’on le veuille ou non : café avant la chaleur, eau avant midi, hamac quelque part dans l’après-midi, dîner quand le grill de Miss Ingrid est allumé. L’île est assez petite — environ quatre kilomètres carrés — pour la traverser à pied en une heure, mais personne ne semble marcher vers nulle part en particulier.

Quand y aller : De février à mai pour l’eau la plus limpide et le moins de pluie, avec une bonne visibilité pour le snorkeling et une brise régulière qui coupe la chaleur caribéenne. Évitez septembre et octobre quand la saison des ouragans atlantiques apporte de la houle et des traversées depuis Bluefields parfois difficiles.