Delft est la ville que Vermeer a peinte, et chose remarquable, la lumière qu’il a captée tombe encore de la même façon sur les mêmes canaux. Le Markt — la place centrale — est dominé par la Nieuwe Kerk, où repose la famille royale des Pays-Bas, et le Stadhuis, un hôtel de ville Renaissance qui ancre la place avec une dignité civique bien sentie. Entre les deux, le marché hebdomadaire envahit l’espace de fleurs, de fromages et de stroopwafels, perpétuant une tradition qui précède Vermeer de plusieurs siècles.
L’autre fierté de la ville, c’est la faïence de Delft — cette céramique bleue et blanche devenue une marque mondiale au XVIIe siècle, quand les marchands hollandais ont ramené de la porcelaine chinoise et que les artisans locaux ont décidé d’en faire autant. La manufacture Royal Delft, en activité depuis 1653, produit encore des pièces peintes à la main et propose des visites d’ateliers où les peintres appliquent les fameux motifs au cobalt avec des pinceaux à un seul poil. Le Vermeer Centrum retrace la vie et les techniques de l’artiste dans la ville qu’il n’a jamais quittée, et en se promenant ensuite le long des canaux — bordés d’arbres, silencieux, baignés de cette même lumière argentée — on comprend parfaitement pourquoi l’idée de partir ne lui a jamais effleuré l’esprit.
Quand y aller : D’avril à juin pour la meilleure lumière et les terrasses au bord des canaux. En août pour le Festival de musique de chambre de Delft, dans les lieux historiques de la vieille ville.