Le Ring of Kerry suit la péninsule d’Iveragh dans une boucle qui concentre plus de spectacle par kilomètre que presque n’importe quelle autre route en Europe. La route sinue entre les MacGillycuddy’s Reeks — les plus hautes montagnes d’Irlande — et un littoral de falaises, de criques et d’îles au large où l’Atlantique s’écrase contre une roche qui lui résiste depuis des millénaires. Chaque virage révèle une nouvelle composition de montagne, de mer et de ciel, et la lumière change si constamment que le même panorama ne ressemble jamais deux fois à lui-même. Je l’ai parcouru dans le sens inverse des aiguilles d’une montre un matin de mai, et en moins d’une heure je m’étais déjà arrêté six fois, convaincu à chaque halte d’avoir trouvé le plus beau point de vue.
La côte ancienne
Arrêtez-vous à l’île de Valentia pour voir le Tetrapod Trackway — des empreintes vieilles de 385 millions d’années, traces de quelques-unes des premières créatures à avoir marché sur la terre ferme. Les forts de pierre de Cahergall et de Leacanabuaile se dressent sur des collines dominant la mer, leurs murs de pierres sèches intacts après deux mille ans. Il y a quelque chose d’humiliant à poser la main sur des pierres placées par des hommes qui vivaient avant la fondation de Rome, avec le même Atlantique qui gronde en dessous. Français habitué aux vieilles pierres, j’ai pourtant été frappé par la densité préhistorique du Kerry — chaque promontoire semble abriter une ruine ou un fort circulaire.

Plages et la Kerry Way
La plage de Derrynane est un croissant de sable blanc qui ferait presque penser aux Caraïbes si le vent ne vous rappelait pas immédiatement où vous êtes. J’y ai passé un après-midi sans âme qui vive, à regarder la lumière changer sur les îles Skellig à l’horizon — les mêmes îles où Star Wars a filmé l’exil de Luke Skywalker, bien qu’elles attirent des pèlerins depuis le VIe siècle. Le sentier de la Kerry Way propose une alternative à la voiture sur plusieurs jours, suivant d’anciens chemins à travers une campagne où les moutons dépassent largement les humains en nombre, et où le silence entre les villages est de ceux qui font bourdonner les oreilles.

Quand y aller : De mai à septembre pour le meilleur temps et les journées les plus longues. Roulez dans le sens inverse des aiguilles d’une montre pour éviter les cars de touristes. La lumière du petit matin est exceptionnelle — partez avant que les autocars quittent Killarney et vous aurez la route presque pour vous seul.